La galerie virtuelle MSL

À l'occasion du congé forcé causé par la crise du coronavirus, j'ai eu l'idée de mettre sur pied une galerie virtuelle pour mes élèves du MSL en Arts plastiques.

Je vois cet espace comme une occasion de partage et de découverte, et non une exigence scolaire.

Un nouveau dessin animé réalisé par des élèves de Sophie-Barat est en ligne!

Oeuf / Egg est le titre d'un dessin animé réalisé par trois groupes d'élèves en arts plastiques de Sophie-Barat. Des centaines de dessins plus tard, je suis très fier du travail accompli par mes élèves. Vous pouvez le retrouver facilement sur Youtube en inscrivant: oeuf / egg animation ou en le recherchant sur ce site.
Il s'agissait pour les élèves de faire 24 dessins afin de produire une animation image par image. Afin que l'apport de chacun puisse s'intégrer au tout, il leur fallait commencer et terminer par le même dessin, soit celui d'un simple oeuf. Leur imagination a fait le reste...

Genèse d'un tableau


Voici un article que j'ai publié en 2006 sur mon blogue alors que j'étais à Paris, au squat de Rivoli "Électron libre" où j'ai eu la chance de passer l'été. J'y retrace les étapes de la création d'une peinture à l'acrylique. J'ai souligné quelques éléments langage plastique.

sujet: mon coin préféré de l'atelier adjacent à ma chambre au squat de Rivoli. C'est en voyant l'ombre portée de la grille en fer forgé devant la fenêtre de mon atelier que j'ai décidé de peindre ma fenêtre. Ce serait ma vue de Paris.


J'ai commencé à esquisser sous l'oeil attentif d'Ingrid, compatriote québécoise qui dispose elle aussi d'un atelier au squat de Rivoli.

J'ai poursuivis cette toile pendant cinq jours, en m'interrompant lorsque le ciel était nuageux ou la lumière changeait. Je voulais respecter la qualité de la lumière.

J'ai trouvé le sujet plus riche encore que je pouvais le soupçonner. J'ai pensé à Matisse et à son traitement des motifs, à la chaise de la chambre de Van Gogh qui semble flotter dans une perspective propre à elle-seule, et à l'abivalence fond / forme sur laquelle avaient joué les nabis.

Le soleil chaud d'un début d'après midi et le plancher gris reflètant les murs bleus de l'atelier m'a inspiré cette harmonie de bleus et d'orangés. Pour miser sur l'effet vibrant des couleurs complémentaires, les noirs sont en vérité des bruns orangés très foncés ou des bleus foncés. Les gris et les blancs s'accordent selon les couleurs qu'ils voisinent selon la loi du contraste simultané.

Cette fenêtre est devenue une synthèse de mon quotidien dans cet atelier, et il s'agit d'un autoportrait en quelque sorte. Voilà pourquoi j'ai peint mon reflet dans la fenêtre. ça m'amusait de réunir dans la même image les trois plus grands thèmes de la peinture, soit le paysage, la nature morte et le portrait.

Dessiner un visage ou: la question contreversée de la beauté...

Quiconque désire apprendre à dessiner est à la recherche de trucs efficaces, simples, infaillibles. On envisage souvent l'étude des proportions sous cet angle. En mémorisant les mesures du visage et du corps humain, on sera capable de les dessiner habilement. Disons-le d'emblée: il est vrai que les proportions représente une base utile (et même essentielle) pour dessiner un visage. Il est également vrai que cela comporte un piège...
Dessiner un visage, c'est effectivement une question de mesures. Il existe plusieurs façons de mesurer les proportions d'un visage, et quelques canons de beauté nous imposent un carcan idéal à suivre. Sur les détails des proportions du corps humain, voyez plutôt l'article Canons et proportions.

PROPORTION: combinaison des différents rapports, des dimensions relatives entre les parties et le tout.

CANON (Beaux-Arts) : Norme de proportionnalité appliquée à la figure et au corps de l'homme et déterminant le type idéal de la perfection physique.

Voyons d'abord quels sont les mesures idéales du visage selon le canon le plus utilisé.Artist-How_to Facial Proportions
Lignes horizontales:

On remarque que les yeux divisent le visage en deux parties. Souvent, on les dessinent trop haut, puisqu'on ne considère pas le sommet du crâne comme faisant partie du visage. Il est donc important de dessiner LA FORME DE LA TÊTE en premier. On dessinera la chevelure plus tard.

Si on s'attarde à la portion inférieure du visage (des yeux au menton), on se rend compte que le bout du nez se trouve exactement à mi-chemin. La bouche occupe le tiers supérieur de l'espace entre le nez et le menton.

Lignes verticales:

Des lignes verticales nous informent de l'espace occupé par les yeux. On remarque que l'espace entre les yeux, de même que les espaces entre les limites du visage et les yeux correspondent toujours à la même mesure. Donc, pour l'exprimer autrement: on peut faire entrer cinq yeux dans la largeur d'un visage idéal.
Les narines sont de la même largeur que l'espace entre les yeux.
Deux lignes descendent du centre de chaque oeil jusqu'aux commissures des lèvres (qui déterminent la largeur de la bouche). C'est donc à dire que la bouche idéale est aussi large que la distance entre la pupille des yeux.

Voilà pour l'idéal de beauté selon les artistes et les chercheurs.
Ces lignes forment un masque qui peut effectivement être superposé sur des visages objectivement considérés beaux par une majorité de gens.

C'est donc que que la beauté, telle que nous l'entendons, correspond à une certaine RÉGULARITÉ GÉOMÉTRIQUE DES TRAITS. Est-il nécessaire de souligner qu'heureusement, les humains ne se jugent pas que par leurs traits, mais aussi par leur personnalité? C'est pourquoi la beauté restera toujours relative: nous n'avons pas tous les mêmes goûts et les qualités d'autrui comptent autant que son aspect extérieur.

Lorsqu'on dessine un visage par observation, ces proportions servent donc d'outil de référence. Ces mesures sont utiles pour constater que notre modèle a, par exemple, un plus petit nez que la moyenne des gens ou une grande distance entre les yeux. Ce sont ces petits détails qui feront que notre portrait est ressemblant.

Si l'utilisation d'une grille de mesure qui détermine ce qui est supposé être beau peut rassurer les dessinateurs en herbe, elle peut engendrer chez certains un malaise: celui de participer à répandre un modèle unique. De ce constat, il n'y a qu'un pas, selon certains, vers les théories eugénistes des nazis. Calmons-nous. Soyons réalistes: même bien avant les grecs, la beauté et la laideur ont préoccupé les hommes et les femmes. Les canons de beauté varient selon les époques, et n'enlèvent pas à la beauté son mystère. La beauté, disait Beaudelaire, est toujours bizarre. Une façon de dire que la régularité géométrique parfaite n'est pas, paradoxalement, un idéal. La perfection peut ennuyer. La beauté, c'est parfois aussi l'émotion qu'inspire une faille, cet écart de la perfection que nous appelons défaut.

Illusion d'optique: l'anamorphose

Alors voilà le jeu: distinguer ce qui est vrai de ce qui est représenté en photographie.
Comme nous sommes captifs de l'angle choisi par le caméraman, notre vision binoculaire est neutralisée. Ce contexte permet l'illusion de l'anamorphose.
La question est: pouvez-vous vous fier à vos yeux?



Pour explorer l'anamorphose, cliquez ici,

J'aurais pu faire ça!

"J'aurais pu faire ça!"
"Un enfant de trois ans pourrait faire ça!"

Voilà le genre de phrase qu'on peut entendre dans un musée...  Et aussi dans une salle de cours d'arts plastiques. Combien de fois les élèves sursautent-ils lorsque je leur montre une reproduction d'une oeuvre d'art célèbre, simplement parce qu'elle ne leur semble pas techniquement difficile à réaliser.

En art, le savoir-faire est important. Alors je peux comprendre que les élèves se sentent déroutés devant une oeuvre qui leur semble simpliste. Mais dans la communication entre l'artiste et le spectateur, beaucoup repose sur les attentes du spectateur.

Est-ce que vraiment vous auriez pu faire ce que vous prétendez pouvoir faire?

Voici une petite vidéo brillante qui tente de répondre à cette épineuse question.
Malheureusement, c'est en anglais. Désolé.

Allégorie de la caverne de Platon.

Comme j'intègre le concept de l'ALLÉGORIE à mon enseignement des arts plastiques, j'ai choisi de consacrer ici un article à l'allégorie de la caverne, qui est l'une des plus belles illustrations d'une allégorie, qu'on pourrait définir comme une situation fictive regroupant plusieurs métaphores, visant à expliquer par l'exemple une situation réelle complexe. 
Au risque de me rendre coupable de plagiat, je recopie entièrement la présentation de l'excellent site S.O.S DEVOIRS. Après tout, le texte de cette source n'est qu'une longue citation d'un dialogue extrait de LA RÉPUBLIQUE de Platon, qui est l'un des textes philosophiques les plus connus. Mais les animations contenues dans l'article sont à la fois simples et claires et je les reproduit ici. Place au théâtre!


Socrate - Maintenant, représente-toi notre nature selon qu'elle a été instruite ou ne l'a pas été, sous des traits de ce genre : imagine des hommes dans une demeure souterraine, une caverne, avec une large entrée, ouverte dans toute sa longueur à la lumière : ils sont là les jambes et le cou enchaînés depuis leur enfance, de sorte qu'ils sont immobiles et ne regardent que ce qui est devant eux, leur chaîne les empêchant de tourner la tête. La lumière leur parvient d'un feu qui, loin sur une hauteur brûle derrière eux ; et entre le feu et les prisonniers s'élève un chemin le long duquel imagine qu'un petit mur a été dressé, semblable aux cloisons que des montreurs de marionnettes placent devant le public, au-dessus desquelles ils font voir leurs marionnettes.
Glaucon - Je vois

Socrate -- Imagine le long du mur des hommes qui portent toutes sortes d'objets qui dépassent le mur ; des statuettes d'hommes et d'animaux, en pierre, en bois, faits de toutes sortes de matériaux ; parmi ces porteurs, naturellement il y en a qui parlent et d'autres qui se taisent.
Glaucon -- Voilà un étrange tableau et d'étranges prisonniers.

Socrate -- Ils nous ressemblent. Penses-tu que de tels hommes aient vu d'eux-mêmes et des uns et des autres autre chose que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?

Glaucon -- Comment cela se pourrait-il, en effet, s'ils sont forcés de tenir la tête immobile pendant toute leur vie ?

Socrate -- Et pour les objets qui sont portés le long du mur, est-ce qu'il n'en sera pas de même ?

Glaucon -- Bien sûr.

Socrate -- Mais, dans ces conditions, s'ils pouvaient se parler les uns aux autres, ne penses-tu pas qu'ils croiraient nommer les objets réels eux-mêmes en nommant ce qu'ils voient ?
Glaucon -- Nécessairement.

Socrate -- Et s'il y avait aussi dans la prison un écho que leur renverrait la paroi qui leur fait face ? Chaque fois que l'un de ceux qui se trouvent derrière le mur parlerait, croiraient-ils entendre une autre voix, à ton avis, que celle de l'ombre qui passe devant eux ?

Glaucon -- Ma foi non.

Socrate -- Non, de tels hommes ne penseraient absolument pas que la véritable réalité puisse être autre chose que les ombres des objets fabriqués.

Glaucon -- De toute nécessité.

Socrate -- Envisage maintenant ce qu'ils ressentiraient à être délivrés de leurs chaînes et à être guéris de leur ignorance, si cela leur arrivait, tout naturellement, comme suit : si l'un d'eux était délivré et forcé soudain de se lever, de tourner le cou, de marcher et de regarder la lumière ; s'il souffrait de faire tous ces mouvements et que, tout ébloui, il fût incapable de regarder les objets dont il voyait auparavant les ombres, que penses-tu qu'il répondrait si on lui disait que jusqu'alors il n'a vu que des futilités mais que, maintenant, plus près de la réalité et tourné vers des êtres plus réels, il voit plus juste ; lorsque, enfin, en lui montrant chacun des objets qui passent, on l'obligerait à force de questions à dire ce que c'est, ne penses-tu pas qu'il serait embarrassé et trouverait que ce qu'il voyait auparavant était plus véritable que ce qu'on lui montre maintenant ?
Glaucon -- Beaucoup plus véritable.

Socrate -- Si on le forçait à regarder la lumière elle-même, ne penses-tu pas qu'il aurait mal aux yeux, qu'il la fuirait pour se retourner vers les choses qu'il peut voir et les trouverait vraiment plus distinctes que celles qu'on lui montre ?

Glaucon -- Si.

Socrate -- Mais si on le traînait de force tout au long de montée rude, escarpée, et qu'on ne le lâchât pas avant de l'avoir tiré dehors à la lumière du soleil, ne penses-tu pas qu'il souffrirait et s'indignerait d'être ainsi traîné ; et que, une fois parvenu à la lumière du jour, les yeux pleins de son éclat, il ne pourrait pas discerner un seul des êtres appelés maintenant véritables ?

Glaucon -- Non, du moins pas sur-le-champ.

Socrate -- Il aurait, je pense, besoin de s'habituer pour être en mesure de voir le monde d'en haut. Ce qu'il regarderait le plus facilement d'abord, ce sont les ombres, puis les reflets des hommes et des autres êtres sur l'eau, et enfin les êtres eux-mêmes. Ensuite il contemplerait plus facilement pendant la nuit les objets célestes et le ciel lui-même - en levant les yeux vers la lumière des étoiles et de la lune - qu'il ne contemplerait, de jour, le soleil et la lumière du soleil.

Glaucon -- Certainement.

Socrate -- Finalement, je pense, c'est le soleil, et non pas son image dans les eaux ou ailleurs, mais le soleil à sa vraie place, qu'il pourrait voir et contempler tel qu'il est.

Glaucon -- Nécessairement.

Socrate -- Après cela il en arriverait à cette réflexion, au sujet du soleil, que c'est lui qui produit les saisons et les années qu'il gouverne tout dans le monde visible, et qu'il est la cause, d'une certaine manière, de tout ce que lui-même et les autres voyaient dans la caverne.
Glaucon -- Après cela, il est évident que c'est à cette conclusion qu'il en viendrait.

Socrate -- Mais quoi, se souvenant de son ancienne demeure, de la science qui y est en honneur, de ses compagnons de captivité, ne penses-tu pas qu'il serait heureux de son changement et qu'il plaindrait les autres ?

Glaucon -- Certainement.

Socrate -- Et les honneurs et les louanges qu'on pouvait s'y décerner mutuellement, et les récompenses qu'on accordait à qui distinguait avec le plus de précision les ombres qui se présentaient, à qui se rappelait le mieux celles qui avaient l'habitude de passer les premières, les dernières ou ensemble, et à qui était le plus capable, à partir de ces observations, de présager ce qui devait arriver : crois-tu qu'il les envierait ? Crois-tu qu'il serait jaloux de ceux qui ont acquis honneur et puissance auprès des autres, et ne préférerait-il pas de loin endurer ce que dit Homère : "être un valet de ferme au service d 'un paysan pauvre", plutôt que de partager les opinions de là-bas et de vivre comme on y vivait.

Glaucon -- Oui, je pense qu'il accepterait de tout endurer plutôt que de vivre comme il vivait.

Socrate -- Et réfléchis à ceci : si un tel homme redescend et se rassied à la même place, est-ce qu'il n'aurait pas les yeux offusqués par l'obscurité en venant brusquement du soleil ?

Glaucon -- Si, tout à fait.

Socrate -- Et s'il lui fallait à nouveau donner son jugement sur les ombres et rivaliser avec ces hommes qui ont toujours été enchaînés, au moment où sa vue est trouble avant que ses yeux soient remis - cette accoutumance exigeant un certain délai - ne prêterait-il pas à rire, ne dirait-on pas à son propos que pour être monté là-haut, en est revenu les yeux gâtés et qu'il ne vaut même pas la peine d'essayer d'y monter ; et celui qui s'aviserait de les délier et de les emmener là-haut, celui-là s'ils pouvaient s'en emparer et le tuer, ne le tueraient-ils pas?

Glaucon -- Certainement.

Socrate -- Ce tableau, il faut l'appliquer entièrement à ce qu'on a dit auparavant : en assimilant le monde visible au séjour de la prison, et la lumière du feu au rayonnement du soleil. Et si tu poses que la montée et la contemplation des réalités d'en haut représentent l'ascension l'âme vers le monde intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pensée, puisque tu désires la connaître ; et Dieu sait si elle est vraie. Voici comment les choses se présentent pour moi : à l'extrémité du monde intelligible, est L'idée du Bien, qui peut à peine être contemplée mais qu'on ne peut voir sans conclure qu'elle est bien la cause de tout ce qu'il y a de rectitude et de beauté dans le monde : dans le monde visible, elle engendre la lumière et sa source souveraine, et dans le monde intelligible, souveraine, elle dispense intelligence et vérité ; et c'est elle qu'il faut contempler pour agir sagement dans la vie privée comme dans la vie publique.

Glaucon -- Je suis de ton avis, autant que je puis te suivre.

Socrate -- Allez, suis-moi encore sur ce point : ne t'étonne pas si ceux qui sont arrivés jusque là ne veulent plus conduire les affaires humaines et si leurs âmes sont impatientes de rester toujours à cette hauteur. Ce qui est bien naturel si l'on se rapporte à notre allégorie de tout à l'heure .

Glaucon -- Oui, c'est naturel.
 



Le changement de paradigme du système d'éducation



Le point de vue radical - mais ô combien lucide - de Ken Robinson sur l'actuel système d'éducation publique. Ce spécialiste de l'éducation est américain, mais la situation qu'il décrit s'applique à de nombreux pays riches.
Les solutions qu'avance Robinson sont toutefois du domaine de l'utopie. Au Québec, par exemple, le gouvernement actuel contribue à la marchandisation du savoir et sabre dans les salaires des profs sous prétexte de rétablir l'équilibre budgétaire. Dans ce contexte d'austérité, on demande aux profs de faire plus avec moins, c'est à dire concrètement: plus d'heures de travail et plus d'élèves dans les classes avec un salaire diminué. Tout cela alors que les profs se plaignent déjà du manque de ressources. Comment alors offrir aux enfants une éducation qui respecte les rythmes et les particularités de chacun? Et cela amène une question corollaire: comment attirer des gens compétents qui sauront "éveiller les jeunes au lieu de les endormir" vers la profession enseignante dans ces circonstances?

Ce vidéo inspirant est à voir. Notez bien la place des arts plastiques dans ce système, les implications que cela suppose et les répercussions que cela engendre...

La beauté est une question de comparaison.

Comment fonctionne cette illusion d'optique?
Objectivement, ces stars d'Hollywood sont considérés comme de belles personnes. Lorsqu'on regarde leur visage de face, au centre de notre champ de vision, la plupart de ces visages nous semblent effectivement agréables, attirants, bien proportionnés.
Mais notre vision périphérique n'est pas aussi bonne. Lorsqu'on aperçoit quelque chose qui est situé aux limites de notre champ de vision, nous distinguons moins bien les détails. La preuve de cela, c'est qu'on ressent tous le besoin de fixer un objet bien en face lorsqu'un veut l'observer, afin que nos yeux puissent faire le focus sur les détails.
Dans cette illusion, nous sommes forcés de regarder au centre, et les visages apparaissent donc hors de notre la zone idéale qui nous permet de bien les différencier. On a même de la difficulté à les reconnaître! Mais il y a plus: Comme nous gardons notre attention sur une croix, qui est un objet d'une parfaite géométrie, les visages nous semblent encore plus imparfaits. Et pour couronner le tout, puisqu'on nous montre deux visages à la fois, nous avons tendance à ne voir que les différences entre les deux faces qui apparaissent. Par exemple, puisque George Clooney a un plus gros menton qu'Angelina Jolie, ce dernier nous semble énorme!
Le coupable? Notre cerveau, qui n'a pas le temps de bien voir et qui créé ces caricatures en faisant des comparaisons grossières.
Cette expérience nous incite à réfléchir sur la beauté, qui n'est après tout qu'une question de perception.

Le fond et la forme

Nous avons vu ce qu'était le fond et la forme, et à quel point certains artistes, comme Escher, s'amusent à les interchanger pour créer des illusions d'optique. Vous pouvez en trouver plusieurs exemples ici.


Une souriE? Un gorielle? Je ne connais pas ces animaux... Peu importe, cet artiste (inconnu) a bien exploité dans ce dessin le potentiel du fond et de la forme.

Escher, Air et eau 1

Une superbe exploration visuelle d'une oeuvre de M.C. Escher produite par pavage.



Bon point de départ pour un projet d'arts plastiques...
Trop difficile? Je ne crois pas.
Le meilleur vidéo explicatif de la méthode employée par Escher (et qui peut se réaliser en classe) est l'oeuvre d'un prof... de maths!
Malheureusement, c'est en anglais. Dommage. Mais les images parlent d'elles-mêmes.


Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le crayon HB

Combien de plomb dans ce crayon ?


On peut faire remonter la petite histoire du modeste crayon de «plomb» à l’Empire romain, alors que des tiges de plomb étaient utilisées par les scribes pour écrire sur le papyrus. À la même époque, le graphite, une variété de carbone cristallisé formée de carbone presque pur, pouvait être utilisé dans le même but et présentait l’avantage de laisser une marque plus noire sur le papier. Mais ce n’est qu’à partir de 1564, avec la découverte d’un dépôt très pur à Borrowdale, en Angleterre, que le graphite a été utilisé à grande échelle. À ce moment-là, on croyait que le graphite était une variété de plomb et on l’appelait plombagine.

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la nature exacte du graphite a été déterminée par le chimiste suédois Carl Scheele (1779), et son nom définitivement établi d’après le grec grafein, qui signifie «écrire». Les encres étaient déjà disponibles et utilisées couramment.

Originalement, le graphite était enveloppé de diverses façons pour l’empêcher d’éclater, puisque c’est un matériau friable, et prenait déjà la forme d’un crayon. La poudre de graphite était souvent mélangée avec des liants, ce qui permettait d’utiliser des gisements de moindre qualité. Jusqu’à l’invention, en 1795, en pleine Révolution française, du chimiste Nicolas Conté, qui consistait à mélanger le graphite avec de la glaise et de l’eau, invention qui perdure encore aujourd’hui.

En effet, le graphite est aujourd’hui mélangé avec de la glaise et finement broyé dans une rotative qui contient des granulats. Après un processus qui dure plusieurs jours, où de l’eau est ajoutée, enlevée puis de nouveau ajoutée, la pâte molle du mélange de graphite, de glaise et d’eau est extrudée à travers une buse pour former la fine tige que nous utilisons, appelée le «plomb» (un peu comme la pâte à spaghettis est extrudée pour donner la tige que nous mangeons) qui est durcie à une température d’au moins 1000° C et rendue ainsi plus lisse. Du noir de carbone est souvent ajouté pendant l’opération pour noircir le composé. Les crayons sont fabriqués à partir de blocs de bois qui sont simplement usinés pour former des rainures dans lesquelles les «plombs» sont insérés. Un deuxième bloc est placé sur le premier, collé et les crayons individuels coupés.

La tradition de peindre en jaune les crayons, qui se poursuit même aujourd’hui, date du milieu du XIXe siècle lorsqu’une mine de graphite très pur a été découverte à la frontière de la Russie et de la Chine par le français Jean-Pierre Alibert. La couleur jaune était utilisée pour indiquer la source du graphite de ces crayons. L’habitude nord-américaine d’y ajouter une gomme à effacer date de 1858, mais il semble que cela ne se fasse généralement pas en Europe.

La dureté de plomb est indiquée par un chiffre, qui varie de 1 à 9; plus le chiffre est élevé, plus le plomb est dur. On utilise aussi, dans le même but et de façon souvent simultanée, la lettre H pour indiquer la dureté (hard), la lettre B pour la saturation en noir (blackness) ou des combinaisons telles que HB, pour dur et noir, ou HH, qui est très très dur. On verra aussi le E qui désigne Extreme blackness et qui est très gras, et le F pour Fine, une mine fine et plus dure que le classique intermédiaire HB.

Échelle de 19 degrés du plus gras et noir jusqu'au plus dur et pâle:
E7B6B5B4B3B2BBHBFH2H3H4H5H6H7H8H9H
mines grassesnormalesmines dures

Pour les amateurs de statistiques, mentionnons qu’un crayon ordinaire peut écrire environ 45 000 mots ou tracer une ligne d’environ 55 kilomètres de long. Mis bout à bout, les crayons fabriqués annuellement dans le monde feraient 45 fois le tour de la Terre!

Revenons à notre question initiale : combien de plomb dans les 8,4 milliards de crayons de plomb fabriqués annuellement? Évidemment, ils n’en contiennent plus depuis longtemps, pour la joie des écologistes… et des élèves.

Source: http://robinrousseau.tripod.com/crayon.htm

Les stratégies et les codes de la propagande

J'ai déjà parlé des liens entre l'art et la propagande. J'en reparle encore ici, car dans le domaine des images médiatiques, cela m'apparaît être un sujet de première importance.
D'entrée de jeu, qu'une chose soit bien entendue: il ne s'agit pas ici de faire de la critique politique et d'engager un débat idéologique. J'en appelle à l'objectivité de la recherche historique afin de juger de ces images qui font, de fait, partie de la grande Histoire de l'humanité. Des artistes établis s'en inspirent, parfois justement pour nous prévenir de la force des images.

Mais je ne cache pas non plus mon intention de mettre en lumière les machinations des gens au pouvoir visant à influencer l'opinion des masses. La méconnaissance de l'histoire porte certaines personnes à minimiser la portée de ces images qui ont aiguillé des nations entières, qui ont aidé à maintenir des régimes totalitaires, et ont précipité très souvent des peuples vers la guerre.

Les codes utilisés en propagande et en publicité sont insidieux. On subit leur influence et on les manipule parfois sans le savoir. Pour ceux qui doutent de la mauvaise foi des gouvernements, sachez que la manipulation et le mensonge fait malheureusement partie de l'histoire de tous les peuples de la terre. Il ne s'agit pas ici de tomber dans la théorie du complot, mais de s'en tenir aux faits. Depuis l'invention de l'imprimerie et surtout, de la photographie, nous avons de nombreux documents qui en témoignent.
Bien avant photoshop, le régime soviétique de Staline modifiait des photographies avec une grande efficacité.

Le même gouvernement (qui prône la révolution afin de renverser le tsar) change l'écriteau
d'un magasin affichant: "Montres, Or, Argent" en "En combattant vous gagnerez vos droits",
tandis que le drapeau noir devient : "à bas la Monarchie".
Au cours de l'histoire, les techniques iconographiques se sont raffinées et peu d'hommes de pouvoir ont résisté à l'envie d'en faire usage pour manipuler l'opinion publique. Les nazis ont largement exploité la caricature et la manipulation d'opinion afin de faire passer leurs idées. L'effet pervers de la propagande vient du fait que très souvent, on joue sur les bons sentiments du public visé. Par exemple, pour faire passer leurs idées racistes, les nazis ont d'abord fait valoir l'importance d'avoir une nation en santé et économiquement viable. Ce louable souhait leur donnait l'occasion de souligner que les malades, les infirmes et les vieux coûtent très cher à l'état. Et ce constat a permis les dérives que l'on connait... 
"C'est aussi votre argent" proclame cette affiche de propagande
du parti nazi, qui indique combien il en coûte pour faire vivre
un citoyen "génétiquement malade".
La représentation littérale du poids que doit supporter
"un bon citoyen sans tares génétiques", selon le parti nazi.
On pourrait parler longuement du symbolisme caricatural utilisé en propagande, mais je préfère me concentrer ici sur les aspects rattachés aux arts plastiques. Du point de vue du langage plastique, on peut remarquer que les images de la propagande utilisent presque toujours les éléments suivants:


Un slogan simple pour une idée toujours simpliste
Il est toujours court, et le lettrage dégage une impression de force. La calligraphie de l'affiche de propagande doit dégager autant de force que le message qu'elle veut transmettre.

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"Nous voulons la paix!" dit cette affiche soviétique de 1946. L'ouvrier soviétique en salopette de travail, beau mais grave, tient un drapeau rouge, symbole du communisme, où est inscrit le slogan. Son poing s'abat sur une table où des leaders du camp occidental dessinés de façon caricaturale avec des armes miniatures, symbole du militarisme et de l'impérialisme.

La couleur rouge
C'est la couleur la plus chargée d'émotion, et celle que l'oeil humain distingue avec le plus d'acuité. Elle rappelle l'amour autant que la colère, et évoque la passion et le sang. La tradition communiste, qui n'a pas lésiné sur l'utilisation de la couleur rouge dans ses images de propagande, en a fait la couleur propagandiste par excellence, presque traditionnelle. Les mouvements de protestation (comme le carré rouge au Québec) l'utilisent encore efficacement.
Le rouge dans la propagande l'armée rouge

Les contrastes forts de couleurs unies de la sérigraphie 
La technique originale de production d'affiche a longtemps été la sérigraphie. Cette technique impose des aplats de couleurs unies. Le rouge, le blanc et le noir sont depuis toujours les trois couleurs les plus utilisées dans les affiches sérigraphiées de propagande car elle produisent des contrastes tranchants. Cette technique artisanale "pauvre" a aujourd'hui gagné ses lettres de noblesse en raison de son fini particulier et -surtout- de son histoire liée à l'affiche de propagande.  De nombreux artistes réinvestissent aujourd'hui ce langage (de même que les symboles de la propagande, comme en témoigne les oeuvres de Shepard Fairey.

Sérigraphie originale de la propagande communiste chinoise
Cette image de Shepard Fairey reprend les
codes symboliques et plastiques de l'affiche
sérigraphiée de propagande.
En terminant, ai-je besoin de souligner les liens très proches qu'entretiennent la publicité et la propagande? Ils remplissent la même fonction: convaincre un public cible. Et souvent, on rencontre en publicité les même codes classiques des affiches de propagande communiste, comme dans cette publicité de Coca-Cola, figure de proue du monde capitaliste.


Si le sujet vous intéresse, voir l'article "l'art et la propagande"



Le langage plastique

Voici une grille où figurent les principaux termes de vocabulaire utilisés en arts plastiques.
Les ASPECTS VISUELS vous aideront particulièrement lors de travaux d'appréciation esthétique, comme des descriptions ou des analyses d'oeuvres d'art.

Cliquez pour agrandir (click droit pour télécharger).

Fiche-artiste

La fiche-artiste permet de faire une brève présentation d'un artiste et d'analyser superficiellement l'une de ses oeuvres majeures. Pour l'analyse des éléments du langage plastique, on se réfèrera à la grille du langage plastique.

Fiche-artiste à télécharger. Cliquez pour agrandir.

Nouvelle animation de PES

PES est un très imaginatif créateur de films d'animation Image par image, qui utilise des objets très familiers - souvent des vieilles pièces de jouets récupérés - afin de créer des films amusants. Grâce à l'ajout d'effets sonores, il donne vie aux objets.
 La chaine Youtube de PES

Le travail de Benjamin Ducroz

Benjamin Ducroz s'inspire autant des formes et des mouvements de la nature que de l'environnement construit et travaille avec des objets, de même qu'avec des abstractions visuelles pour créer des vidéos d'animations. Il mélange les techniques traditionnelles d'animation image-par-image avec de l'infographie de pointe pour créer un langage esthétique unique.
Son site web: ducroz.com

Phosphene



Mimicry



Pin


Press

Faites le mur! Un film par et sur BANKSY

Vous connaissez peut être l'oeuvre de Banksy, artiste dont l'identité reste inconnue, pour des raisons légales. Il est en effet l'un des graffeurs les plus renommés, mais aussi l'un des plus recherchés par la police londonienne.

Internet fourmille de petits films en hommage au travail de Banksy, et même de courts documentaires comme celui-ci:


Cependant,  jamais Banksy n'avait lui-même produit de film. Le film Exit through the gift shop (Faites le mur, en version française) comble cette lacune de façon originale et retrace le parcours de cet artiste à l’identité trouble. Le documentaire met également à l’avant plan les principaux acteurs d’une pratique populaire locale, qui disposent maintenant avec le web d’une vitrine internationale.
Le documentaire, produit en 2010 par Banksy, pose également par sa forme la question du faux, du simulacre en art, puisque la figure centrale du film n’étant pas Banksy lui-même, mais l’un de ses admirateurs qui finira par singer le maître en se créant une image de marque factice. Le spectateur en vient forcément à s’interroger sur la validité même de ce prétendu documentaire. À la fin, une question subsiste : au delà de son image de marque, qui est Banksy? 

Je vous invite à regarder ce film documentaire sous-titré en français, qui est captivant comme un vidéoclip.




Western Spaghetti

De l'imagination à revendre dans cette animation en arrêt sur image par PES.
Remarquez à quel point les effets sonores contribuent à donner vie aux objets.