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Genèse d'un tableau


Voici un article que j'ai publié en 2006 sur mon blogue alors que j'étais à Paris, au squat de Rivoli "Électron libre" où j'ai eu la chance de passer l'été. J'y retrace les étapes de la création d'une peinture à l'acrylique. J'ai souligné quelques éléments langage plastique.

sujet: mon coin préféré de l'atelier adjacent à ma chambre au squat de Rivoli. C'est en voyant l'ombre portée de la grille en fer forgé devant la fenêtre de mon atelier que j'ai décidé de peindre ma fenêtre. Ce serait ma vue de Paris.


J'ai commencé à esquisser sous l'oeil attentif d'Ingrid, compatriote québécoise qui dispose elle aussi d'un atelier au squat de Rivoli.

J'ai poursuivis cette toile pendant cinq jours, en m'interrompant lorsque le ciel était nuageux ou la lumière changeait. Je voulais respecter la qualité de la lumière.

J'ai trouvé le sujet plus riche encore que je pouvais le soupçonner. J'ai pensé à Matisse et à son traitement des motifs, à la chaise de la chambre de Van Gogh qui semble flotter dans une perspective propre à elle-seule, et à l'abivalence fond / forme sur laquelle avaient joué les nabis.

Le soleil chaud d'un début d'après midi et le plancher gris reflètant les murs bleus de l'atelier m'a inspiré cette harmonie de bleus et d'orangés. Pour miser sur l'effet vibrant des couleurs complémentaires, les noirs sont en vérité des bruns orangés très foncés ou des bleus foncés. Les gris et les blancs s'accordent selon les couleurs qu'ils voisinent selon la loi du contraste simultané.

Cette fenêtre est devenue une synthèse de mon quotidien dans cet atelier, et il s'agit d'un autoportrait en quelque sorte. Voilà pourquoi j'ai peint mon reflet dans la fenêtre. ça m'amusait de réunir dans la même image les trois plus grands thèmes de la peinture, soit le paysage, la nature morte et le portrait.

L'expressionnisme abstrait

Définition
L'expressionnisme abstrait est un mouvement artistique qui s'est développé après la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis, plus particulièrement dans le milieu artistique new-yorkais, d'où le nom d'« école de New York ». C'est le premier mouvement artistique américain à s'imposer internationalement et à faire aussitôt de New York la nouvelle capitale de l'art. Il donna naissance à des courants analogues en Europe, au Japon et en Amérique du Sud (l'Informel, le Tachisme).

On parle surtout d'expressionnisme abstrait pour un certain type de peinture abstraite dont l'esthétique évoque l'expressivité, la spontanéité, la gestuelle, l'émotion (en opposition à un art abstrait plus cérébral). À ne pas confondre avec l'expressionnisme.

Certains ont voulu diviser l'expressionnisme abstrait en catégories, comme l'abstraction gestuelle (action painting), l'abstraction chromatique (colorfield) ou encore l'abstraction post-picturale (Post-painterly Abstraction). Toutefois, ces sous-genres ne parviennent pas à inclurent toutes les pratiques de l'expressionnisme abstrait. La peinture de Willem de Kooning, pour ne citer que cet artiste majeur du mouvement expressionniste abstrait, ne relève d'aucune de ces catégories.

The Irascibles, 1950. Une célèbre photo de famille des principaux peintres expressionnistes abstraits, dont Pollock, Newman, Rothko, Motherwell, Still.

Exemples

Robert Motherwell. Élégie pour la république espagnole.
Willem De Kooning, Fire.
Richard Diebenkorn. A day at the races.
Au Québec, le mouvement automatiste fut, sous la gouverne de Paul-Émile Borduas, un mouvement artistique à l'origine du Refus Global, un manifeste politique publié en 1948 appelant les québécois à se défaire de l'oppression du clergé et à entrer dans la modernité.
Le surréalisme ainsi que la psychanalyse auront été deux courants de pensée qui inspirèrent grandement les Automatistes. Contrairement aux surréalistes, les Automatistes préconisent une approche intuitive et expérimentale. Même si l'esthétique des automatistes s'apparente aux expressionnistes abstraits américains, il n'y a aucun lien entre les peintres de ces deux mouvements.
Jean-Paul Riopelle, Peinture 1957.



Un atelier de fabrication de pigments vieux de 100 000 ans

Un article tiré du site National Geographic France

Un atelier de fabrication et conservation de pigments datant d’il y a 100 000 ans a été découvert dans la grotte de Blombos, en Afrique du Sud. Il s’agit du plus ancien témoignage d’un savoir-faire artisanal dans ce domaine.
Ormeau et galet protégeant son contenu. (Photo: Errico/Pedersen/Henshilwood, CNRS)
Les hommes préhistoriques produisaient et stockaient déjà des matières colorantes il y a 100 000 ans, avant le Paléolithique supérieur. L’analyse de restes de peinture retrouvés dans des grands coquillages et sur des outils, dans la grotte de Blombos (Afrique du sud) prouve que les hommes préhistoriques utilisaient les pigments beaucoup plus tôt que l’on pensait, 60 000 ans avant les peintures rupestres de la grotte Chauvet (30 000 ans avant notre ère) les plus anciennes peintures paléolithiques du monde dévoilées jusqu’alors. Des objets qui témoignent, pour le Centre National de la Recherche Scientifique, « d’une complexité comportementale et des capacités de planification insoupçonnées jusqu’à présent ».
Ormeaux utilisés comme contenants, fragments d’hématite et outils pour la préparation des pigments, (Photo: Errico/Pedersen/Henshilwood, CNRS)
Les artisans de l’époque utilisaient trois types de roches, riches en oxydes de fer. Ils fabriquaient leur poudre colorante en débitant puis en broyant ces roches, ou en les abrasant contre des meules en quartzite. Les os auraient servi à mélanger ou appliquer le pigment. La moelle osseuse aurait été utilisée comme liant pour le mélange liquide. Enfin, les coquillages auraient servi de récipients ou de palette de couleurs pour mélanger et stocker les pigments.

La pâte colorante aurait pu servir pour exécuter des peintures sur les parois de la grotte réaliser des peintures corporelles, tanner des peaux ou protéger du soleil. Les chercheurs envisagent aussi qu’il ait servi de médicaments ou de complément alimentaire.

Pour le CNRS, « la complexité des techniques mises en œuvre implique des capacités cognitives permettant la planification et l’exécution de tâches complexes ».

« Des fragment d’ocre modifiés pour en extraire une poudre colorante sont connus en Afrique et en Europe dans des sites plus anciens de 100 000 ans. Ce qui rends cette découverte exceptionnelle c’est le fait que les matières colorantes et les outils permettant la préparation et le stockage du pigment ont été trouvés ensemble, comme ils ont été abandonnés par les préhistoriques. Cela nous a permis de croiser les résultats obtenus en analysant les résidus sur chaque objet et comprendre la démarche de l’artisan », confie Francesco d’Errico, chercheur au CNRS et membre de l’équipe scientifiques, à National Geographic.

Cette étude a été menée par une collaboration internationale de chercheurs du CNRS rattachés à l’Université Bordeaux 1 en collaboration avec le Centre de recherche et de restauration des musées de France et de l’Université de Bergen. Les résultats ont été publiés dans la revue Science.

Sources et photos : Un article de Frédérique Josse, tiré du site National Geographic France


L'expressionnime

Définition
L'expressionnisme est un mouvement européen profondément ancré dans l'Europe du Nord (en particulier en Allemagne) qui est une réaction à l'impressionnisme français. Alors que l'impressionnisme s'intéresse à traduire des phénomènes optiques en peinture, l'expressionnisme allemand délaisse la réalité et se centre sur les états d'âme de l'artiste.

L'art expressionniste tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle. Les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive. L'expressionnisme rompt aussi avec l'impressionnisme par ses couleurs violentes, des lignes acérées. Il s'inscrit alors dans la continuité du fauvisme qui commence à s'épuiser.

Plusieurs historiens de l'art prétendent que ce style torturé est le reflet de la vision pessimiste que les expressionnistes ont de leur époque, hantée par la menace de la Première Guerre mondiale. Les œuvres expressionnistes mettent souvent en scène des symboles, influencées par la psychanalyse naissante et les recherches du symbolisme.

Les artistes expressionnistes sont pour la plupart isolés, et ne forment pas un groupe comme les impressionnistes, par exemple. Le Cri du peintre Edvard Munch est l'un des plus représentatifs et célèbres tableaux expressionnistes.

Exemples
Le Cri, de Edvard Munch (1893)
Suicide, de George Grosz (1916)
Source: Wikipédia: expressionnisme

Guernica de Picasso


Guernica est l’une des œuvres les plus significatives de Picasso et une oeuvre majeure de l'art moderne. Mais Guernica, titre d’un tableau célèbre, est avant tout le nom d’un village basque qui fut bombardé en 1937, ce qui est considéré comme un des premiers raids de l'histoire de l'aviation militaire moderne sur une population civile sans défense.
Picasso utilisa son statut de célébrité pour dénoncer sans détour la répression du peuple basque par l'Espagne fasciste. On raconte que durant la Seconde Guerre mondiale, Picasso, qui vivait à Paris, reçut la visite d'un ambassadeur nazi. Ce dernier lui aurait demandé devant une photo de la toile de Guernica: "C'est vous qui avez fait cela ?" Picasso lui aurait répondu : "Non... C'est vous".


À travers Guernica, l’Histoire de l’art moderne et l’Histoire politique se rencontrent. Car l'intérêt de l'oeuvre ne réside pas seulement dans le sujet, mais dans le traitement qu'en fait le peintre. Au lieu de représenter l'horreur du réel, Picasso choisit de faire usage de symboles pour exprimer l'horreur qui ressent: brutalité aveugle du taureau et du cheval, l’obscurité et le cri. Le choix du noir, du blanc et du gris symbolisent le deuil et la mort. Cette œuvre dénonce la barbarie humaine. Guernica devient alors beaucoup plus que la représentation d'un fait divers, mais un symbole universel de toutes les guerres.

"L’art n’est pas fait pour décorer les appartements", disait Picasso. "C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi. Mon plus grand espoir est que mon travail contribue à empêcher d’autres guerres dans l’avenir". 



Marc Chagall

Moi et mon village, huile sur toile, 1911. 
Marc Chagall est né en 1887 en Russie, dans une famille juive très croyante. Sa jeunesse marquée par la tradition hassidique, ses séjours à la campagne chez son grand-père et sa fascination pour les animaux de ferme. Très jeune il puise son inspiration dans la vie familiale et l'observation du quotidien. Dès son plus jeune âge, on lui trouva un grand talent artistique. En plus du dessin, Chagall pratique le violon.

À travers les livres et les magasines, il découvre les peintres novateurs de Paris comme Cézanne, Van Gogh, Matisse, Toulouse Lautrec... En 1910, il part pour un voyage de quatre jours à Paris grâce à un mécène, et s'installe à Montmartre dans l'appartement d'un ami russe. Il découvre alors les différentes tendances post-impressionnistes: les couleurs du fauvisme, la force des expressionnistes. En 1911, il expose sa toile "Moi et mon village" au Salon des indépendants.

Le cubisme coloré de Delaunay l'impressionnera également, mais il n'observera les dogmes d'aucuns de ces mouvements, qui l'aideront toutefois à se forger un univers personnel, fantastique et poétique, unique en son genre.

Qui est Jean-Michel Basquiat?

Jean-Michel Basquiat, né à Brooklyn le 22 décembre 1960 et mort le 12 août 1988 à SoHo, est un artiste peintre américain d'origine haïtienne et portoricaine. Il devient très tôt un peintre d'avant-garde très populaire et pionnier de la mouvance underground. Son style est original, spontané, naïf et énergique.

Bad Painting

Définition

Le Bad Painting est un style artistique né aux États-Unis, empruntant aux arts dans la rue, (graffitis, pochoirs, affiches…) en réaction à l'intellectualisation de l'art au cours des années 70. Le plus souvent figuratif, volontairement sale et négligé, ce style évoque l'expressionnisme et l'art brut, et mêle souvent le texte et l'image. Aujourd'hui, l'art urbain se réclame toujours de la spontanéité, de la vitalité et du caractère fruste et direct de ce style né de la rue. Les arts graphiques se sont inspirés de la facture brouillonne de cette forme d'art, qui a depuis redéfini notre vision de la beauté.

L'un des artistes emblématiques du Bad painting est sans contredit Jean-Michel Basquiat qui, de simple graffiteur oeuvrant sous le pseudonyme de SAMO, est devenu l'un des artistes marquants du marché de l'art des années 80, épaulé par nul autre qu'Andy Warhol, avec lequel il collabora.

Exemples

Une oeuvre de Jean-Michel Basquiat.

Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol. Leur rencontre fut mêlée de fascination et de jalousie. Andy Warhol a déclaré après avoir rencontré Samo: "je suis jaloux. Il peint beaucoup plus vite que moi".


Le baroque

Définition

Le baroque est un style qui naît en Italie à la fin du 16ième siècle et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe. Il touche tous les domaines artistiques: sculpture, peinture, littérature, architecture, théâtre et musique. Cette esthétique de l'excès se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance et la grandeur parfois pompeuse. Dans le domaine des arts plastiques, le baroque représente souvent des corps figés dans une attitude très gestuelle.
On a abondamment recours à l'utilisation de la perspective, du trompe-l'oeil et de tout procédé pouvant séduire le regard, quitte à prendre de grandes libertés dans la représentation. À cet égard, le baroque s'oppose à la recherche de perfection du classicisme.

Exemples
La chasse au tigre selon Rubens. (Huile sur toile, 1616)


L'ange de l'annonciation de Francesco Mochi (1605) ne fait pas dans la sobriété!




Le Romantisme

Définition

Le romantisme est un courant artistique apparu au cours du 18ième siècle en Grande-Bretagne et en Allemagne, puis au début du 19ième siècle en France, en Italie et en Espagne. L'esthétique romantique fait place à l'émotion et met en scène des individus de façon dramatique. Le terme Romantisme désigne une conception de l'existence "digne du roman". Les peintres romantiques n'hésitent donc pas à recourir au dépaysement temps géographique que temporel, nous faisant goûter à l'exotisme et aux périodes mystérieuses de l'histoire. Il s'oppose toutefois à la grandiloquence du baroque et refuse l'idéal de beauté que le néoclassicisme fixe dans l'Antiquité. Le romantisme élève la figure de l'individu et ne s'intéresse pas à la mythologie, mais plutôt au pathos de la vraie vie du peuple.

Exemples


Le voyageur au dessus de la mer de brume de Caspar David Friedich est l'oeuvre la plus souvent utilisée afin de représenter l'esprit du mouvement romantique allemand (huile sur toile, 1818).


La liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix est un bon exemple de peinture romantique française. La révolte du peuple est porté à des dimensions mythologiques! (Huile sur toile, 1830)

Destino

Une collaboration méconnue entre le peintre surréaliste espagnol Salvador Dali et Walt Disney, qui débuta en 1946 et n'aboutit pas à un long métrage comme prévu, mais fut achevée plus tard.



Pablo Picasso: une entrevue

Un bout d'entrevue en français avec Pablo Picasso.

Francis Bacon

Un peintre anglais de génie nous fait le plaisir d'une entrevue en français. Je ne pouvais pas ne pas la mettre sur ce blogue!

L'impressionnisme

Fichier:Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872.jpg
C'est ce tableau du peintre Claude Monet,
Impression, soleil levant, qui donne son nom au mouvement.

Définition
La peinture impressionniste apparait vers les années 1870-80, rompant avec une longue tradition en peinture. Car jusqu'au début du 19e siècle, l'art pictural officiel en France est dominé par l'Académie royale de peinture et de sculpture, qui impose strictement des thèmes classiques.
La peinture impressionniste doit beaucoup à l'invention de la peinture en tubes. En effet, ces artistes, qui peuvent dorénavant peindre à l'extérieur, se passionnent pour l'aspect éphémère et changeant de la lumière. Les sujets de leurs tableaux ne deviennent que des prétextes à capturer les chatoiements fugitifs de la lumière.

Surtout paysagistes, les peintres impressionnistes mettent de l'avant la spontanéité de la touche et les effets de coloration de la lumière, qui est tout à fait nouveau à l'époque. Ils seront d'ailleurs mal reçu, et passeront d'abord pour des mauvais peintres. Mais leur audace ouvre la voie aux études optiques des pointillistes et des divisionnistes, de même qu'aux extravagances des peintres fauves et des expressionnistes

Exemples
Claude Monet, femme à l'ombrelle

Edouard Manet, Berthe Morisot.
Edgar Degas, Jockeys
Quelques artistes emblématiques

Gustave Caillebotte (1848–1894)
Mary Cassatt (1844–1926)
Paul Cézanne (1839–1906)
Edgar Degas (1834–1917)
Claude Monet (1840–1926)
Berthe Morisot (1841–1895)
Camille Pissarro (1830–1903)
Pierre-Auguste Renoir (1841–1919)
Alfred Sisley (1839–1899)

Hyperréalisme

Description

Le style hyperréaliste se traduit par une extrême précision du détail dans le rendu plastique d'une oeuvre, imitant parfois le rendu photographique. Il s'inscrit dans un courant plus large, qui est le réalisme.

Une absence de tout contenu émotionnel, un regard dépassionné et disséqueur, des couleurs parfois lisses et crues, un certain fétichisme de l’objet, telles sont les caractéristiques de l’Hyperréalisme. Photorealism est un terme américain qui désigne l'Hyperréalisme est peinture.
Cette peinture est par ailleurs influencée par les maîtres anciens et célèbre le retour de l'imitation et de la technique, principes classiques rejetés par de nombreux artistes modernes.
Les peintres hyperréalistes ou photoréalistes renoncent donc à s’affranchir des contraintes et des limites de la technique. Outre la réalité elle-même, la photographie est également utilisée comme modèle, dans ces moindres détails (flou, grain, etc). Certains artistes utilisent des procédés techniques comme le projecteur, mais il s'agit bel et bien de peinture, réalisée sans mode d'impression ou autre "tricherie".

Exemples
Chuck Close, Autoportrait (1967)

Candles (1982) de Gerhard Richter
Coffee Cottage Delight (2005) de Clive Head

A binairy set (2009), par Jason de Graaf.

René Wirths, Main

Depuis quelques années, le terme photoréalisme est aussi utilisé dans les domaines du graphisme et de l'informatique, puisque l'illusion de réalité constitue souvent l'objectif des créateurs d'images générées par ordinateur.



Le Réalisme

Description

Dans l'histoire de l'art, le Réalisme est un style qui recherche la description fidèle du monde qui nous entoure. La réalité objective est minutieusement rendue par les artistes, qui cherchent à en conserver les caractéristiques principales: proportions, valeurs plastiques, couleurs, distances, lumière.
Dans l'œuvre des réalistes, l'art cherche à imiter la vie. La représentation de la réalité est alors liée à son interprétation. Le sujet est donc de première importance, et soulève la question: pourquoi représenter une chose plutôt qu'une autre? Comme disait la peintre Georgia O'Keeffe,  "Rien n'est moins troublant que le réalisme. Les détails sont troublants. Ce n'est qu'en sélectionnant certaines choses, en les supprimant et en les soulignant que nous parvenons à leur véritable signification."
Par la peinture, la photographie ou la sculpture, les réalistes du 20ième siècle convoquent la réalité dans des œuvres qui parviennent à saisir ce que Freud nommait"l'inquiétante étrangeté", c'est à dire cette inexplicable étrangeté de ce qui paraît à la fois réel et irréel. Ce qui est pourtant connu de tous prend, dans l'art, un tout autre sens. L'intimité humaine est par exemple scruté à la loupe, décrit, montré dans ces aspects les plus crus.
Voici quelques courants réalistes qui ont vu le jour ces 150 dernières années:

Réalisme classique (1830-1890)
Les Glaneuses (1857) de Millet, en représentant la vie des gens simples au lieu
de celle des nobles et des rois, de même qu'en tournant le dos aux scènes grandioses
inspirées de la religion ou de la mythologie, est tout à fait dans l'esprit du Réalisme classique. 
  • Peintres importants:  Jean-Baptiste Corot, Gustave Courbet, Jean-François Millet

Nouvelle objectivité (1918-1930)
La Nouvelle objectivité se caractérise par une volonté de représenter le réel sans fard.
Le peintre Otto Dix tend à la société malsaine et corrompue de l'après-guerre
un miroir froid dans l'oeuvre Grosstadt (1928).
  • Peintres importants:  Max Beckmann, Otto Dix, Georgia O'Keeffe.

Réalisme américain (1920-1945)
American Gothic (1930) par Grant Wood est un
tableau emblématique du courant Réaliste américain.
  • Peintres importants:  Grant Wood, Edward Hopper, John Sloan.

Hyperréalisme (depuis les années 1980)
Supermarket lady de Duane Hanson est une sculpture hyperréaliste qui a un effet
de réel saisissant. L'hyperréalisme imite le réel, et c'est par le contexte de présentation
(le fait de retrouver cette dame dans une galerie, par exemple) qui intrigue le spectateur. 
  • Peintres importants:  Chuck Close, Gerhard Richter, Duane Hanson.
  • L'Hyperréalisme en peinture est aussi appelé Photoréalisme.






Le cubisme

Les demoiselles d'Avignon de Picasso
Le cubisme est un courant artistique sur lequel se fondent de nombreuses formes nouvelles de peinture et de sculpture du 20ième siècle.

Sous l'influence croissante de l'art de Cézanne, associée à l'exemple des arts qualifiés de primitifs, certains peintres — et plus spécifiquement Picasso et Braque — s'engagèrent, dès 1907, dans une simplification de la représentation qui les conduisit à privilégier l'étude des volumes et des cadres structurels de la forme.

On date traditionnellement les débuts du cubisme de la réalisation par Picasso des Demoiselles d'Avignon en 1907. Après avoir vu ce tableau dans l'atelier du peintre catalan, Braque s'engagea également dans la voie qu'ouvrait ce nouveau langage pictural, qui ne prit son nom qu'en 1908, sous la plume du journaliste Louis Vauxcelles.

Le cubisme analytique de Braque:
compotier et cartes, 1913
En 1909-1910, les recherches des deux artistes les menèrent au cubisme dit analytique : la forme se dissout en une grille chaotique dans laquelle la couleur est presque absente, limitée à des camaïeux. De plus en plus difficilement lisibles, les images ne sont plus interprétés qu'en termes de plans, de facettes et d'arêtes dont l'imbrication recrée une nouvelle structure, propre au tableau, mais éloignée des conventions traditionnelles de la représentation.

Bien qu'ils aient frôlé l'abstraction la plus complète, Braque et Picasso éprouvèrent le besoin de retrouver un lien avec la réalité. À la phase destructive du cubisme analytique succéda une période constructive, dite synthétique. Papiers collés, fragments de papier faux-bois, puis du papier journal fonctionnent comme des trompe-l'œil. Les plans, moins nombreux mais plus amples, s'imbriquent dans des structures plus lisibles, plus aérées, dans lesquelles la couleur est désormais réintroduite, et devient indépendante de la forme.

L'orphisme, cubisme coloré de Robert
et Sonia Delaunay: la tour rouge, 1913.
Quelques peintres contribuèrent à ce mouvement: Fernand Léger introduisit dans le cubisme les trois couleurs primaires. Robert Delaunay et sa femme Sonia Delaunay tentèrent avec succès un cubisme coloré que le poète Apollinaire baptisa « orphisme » et qui constitue sans doute la contribution la plus originale à ce courant initié par Braque et Picasso.

À partir de 1912, les futuristes italiens furent également redevables de nombreux procédés empruntés à la peinture cubiste, qui trouvèrent aussi leur application chez certains expressionnistes allemands et chez les futuristes russes. C'est également à partir du cubisme, qu'il pratiqua à Paris entre 1912 et 1914, que Piet Mondrian élabora son propre langage non figuratif: la peinture abstraite.


Source: Picturalissime.com

Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp

ANALYSE D'UNE OEUVRE D'ART
Voici une courte analyse d'une œuvre phare de l'art moderne, Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp, à partir de son langage plastique, de ses composantes expressives et de ses fonctions de symbolisation. Cette œuvre est importante, riche et complexe, tout en restant néanmoins accessible dans le cadre d’une activité pédagogique d’appréciation esthétique. Je souhaite ainsi offrir un exemple d'analyse sommaire. Pour une analyse plus fouillée, je vous invite à visionner ce petit documentaire: Le Temps Spirale: Nu descendant un escalier de Marcel Duchamp.

LANGAGE PLASTIQUE
Nu descendant un escalier est un tableau composé sur un format présenté à la verticale, ce qui traditionnellement convient et réfère au portrait. Les couleurs, dans des tons d’ocres acides, de jaunes et de bruns, recouvrent le tableau presque monochrome dans laquelle l’expressivité de la ligne apporte la structure. 
Marcel Duchamp, Nu descendant un escalier, huile sur toile, 1912
Cette ligne droite, répétitive et segmentée, vient découper par son trait affirmé et contrasté de multiples formes géométriques anguleuses et longilignes qui se déploient sur toute la surface du tableau. Bien qu’il s’agisse clairement de peinture, vraisemblablement une huile sur toile, le tout évoque le caractère brut de la terre, ou plus justement un complexe assemblage sculptural de pièces de bois découpées à coups de burin et de ciseau.
Le dessin suggère par ailleurs la fragmentation, puisque la panoplie de petits éléments jaunes semble participer à une forme plus grande, centrale, qui se détache d’un fond sombre.
Puisque sur ce fond sombre, en bas à gauche, est inscrit le très évocateur titre de l’œuvre, notre œil est amené à chercher dans cet assemblage géométrique des signes figuratifs qui permettraient de recomposer la forme d’un corps humain. Incidemment, les angles que forment les droites coïncident avec les endroits où pourraient se situer les articulations des genoux, tandis que la répétition d’un élément arrondi évoquant un bassin permet de situer la taille, les épaules et la tête d’un personnage. Bien que n’apparaît aucun visage, aucune main, aucun pied, ces angles déclinés de gauche à droite et de bas en haut évoquent une multiplicité de corps distribués en chevauchement sur une diagonale. De discrets pointillés décrivent par ailleurs des arcs de cercle sur cette même trajectoire, et l’on devine les marches d’un escalier dans le coin supérieur droit.
Dans ce tableau de 1912, Duchamp ignore complètement les dictats académiques de la peinture quant au traitement des ombres et des lumières, des proportions, ou quant aux lois de la perspective, par exemple. À la frontière entre de la figuration, Duchamp conjugue les influences du cubisme et du futurisme et fait une référence directe aux recherches photographiques de Muybridge et Marey.

Chronophotographie d'Eadweard Muybridge, vers 1880.


EXPRESSIVITÉ DE L'OEUVRE
Ce que tente Duchamp avec cette œuvre hautement expressive malgré l’aridité de sa palette et de sa facture, c’est de traduire le mouvement au moyen de la peinture. Sans doute inspiré par les chronophotographies de Muybridge et Marey, deux artistes-inventeurs qui préfigurèrent l’invention du cinéma, Duchamp décompose le mouvement et se désintéresse des détails de la figure humaine qui ne pourraient figer le mouvement.Je ne peux pour ma part qu’admirer cette intuition, qui permet à Duchamp de rendre, par le moyen de formes anguleuses et opaques, l’équivalent d’un flou photographique.

Se faisant, le Nu descendant un escalier réussit, à mon avis, là où ont échoué d’autres peintres désireux de traduire le mouvement en peinture. En outre, le Nu transfigure les études de Muybridge et Marey en une œuvre à la fois sensible et puissante, contrairement à d’autres œuvres qui apparaissent à mon sens comme de simples études, et qui ne possèdent pas, du moins, la même intensité expressive à mes yeux.
Giacomo Balla, Bambina che corre sul Balcone, huile sur toile, 1912.

Duchamp utilise la science de Muybridge et Marey, mais aussi leur esthétique : les couleurs ternes du Nu descendant un escalier évoquent le sépia photographique. Duchamp semble payer son hommage à Marey en utilisant, tel un clin d’œil, de discrets pointillés qui apparaissent dans certaines de ses chronophotographies.
Étienne-Jules Marey, Études de la marche par la Chronophotographie, vers 1882.

Le thème du nu n’a jamais été peint avec autant d’âpreté auparavant. Par son caractère d’étude, le Nu descendant un escalier nie toute considération pour la valeur esthétique du corps et en évacue toute connotation érotique.


ANALYSE SYMBOLIQUE
L’œuvre, puisqu’il s’agit d’un tableau important d’un artiste majeur de l’histoire de l’Art, est riche en avenues d’interprétation. On peut en effet considérer le Nu descendant un escalier comme une œuvre charnière de l’art moderne, un tableau à part, qui fit scandale lors de sa première exposition lors de l’Armory Show à New York en 1913.
Toutefois je préfère m’attarder dans cette analyse aux aspects symboliques qui se dégagent de l’œuvre, en dehors de ses aspects contextuels ou anecdotiques en regard de son époque.
Par son titre, l’œuvre convoque à elle la représentation classique du nu dans l’art. Se faisant, Duchamp nous amène à nous questionner sur le sens du beau et sur le rapport qu’entretiennent les artistes (et les amateurs d’art) avec le corps de la femme en particulier. Car Duchamp représente le nu sans aucune complaisance et sans soucis de réalisme, ce qui fera dire à un observateur de l’époque que « cela ressemble davantage à un tas bien rangé de violons cassés qu’à une femme ». Mais pourquoi, est-on en raison de se demander, devrait-on s’attendre à voir représenté ici une femme plutôt qu’un homme ? La question me paraît d’autant plus pertinente que parmi les principales sources d’inspiration de Duchamp figure l’étude photographique d’un homme montant un escalier.

Cet escalier est en soi un élément chargé d’une lourde symbolique. Selon qu’on le monte ou qu’on le descende, il conduit vers l’illumination ou la découverte de mystères enfouis. La vulnérabilité que suggère la nudité, combinée au mystère rattaché à l’escalier qui s’enfonce vers un monde inconnu, m’apparaît comme quelque chose de troublant et d’énigmatique. Le choix des couleurs qui composent le Nu descendant un escalier renforce à mon avis l’impression que l’on se trouve devant une œuvre grave, empreinte de mystère.
Marcel Duchamp descendant un escalier par Eliot Elisofon 

Art abstrait

Définition
En art, les termes abstrait et abstraction renvoient à différents concepts.
L’abstraction en peinture se réfère à une peinture non-représentative et non-figurative, alors qu'on peut trouver la présence de figures dans la peinture dite « abstraite ».

L’art abstrait naît au début du xxe siècle, vers 1910 avec, entre autres, des artistes peintres comme Kandinsky, Kupka, Mondrian ou Malevitch. On parlera ensuite d'expressionnisme abstrait, d'abstraction géométrique ou encore d'action painting pour décrire diverses tendances picturales qui n'ont pas recours à la figuration.

L’Art Abstrait est le grand changement fondamental à bouleverser le monde de l’Art au cours du 20ième siècle. L’objectif de tous les artistes avait été jusqu’alors saisir la réalité extérieure de façon plus ou moins subjective. Avec l’Art Abstrait, l’œuvre est dotée d’un langage autonome. Ce changement ne se produit pas de manière spontanée. Des courants comme le Fauvisme et l’Expressionnisme avaient déjà initié la déformation de la réalité et la dissolution de la figure en faveur de la couleur et de la matière plastique en elle-même. L’impressionnisme, aussi, annonçait dans une certaine mesure ce changement radical de concept.

Le véritable père de l’Art Abstrait est Vassily Kandinsky. À partir de l’Expressionnisme allemand du groupe « Le cavalier bleu », il évolue, au début du siècle, vers un langage dans lequel il se sert de la couleur et de la géométrie pour exprimer de successifs états d’esprit comme dans une composition musicale.

Exemples
Kandinsky, Composition VII, 1913.



Piet Mondrian, Broadway Boogie Woogie (1942)


Pour en savoir plus sur le travail des plus célèbres peintres abstraits: