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Illusion d'optique: l'anamorphose

Alors voilà le jeu: distinguer ce qui est vrai de ce qui est représenté en photographie.
Comme nous sommes captifs de l'angle choisi par le caméraman, notre vision binoculaire est neutralisée. Ce contexte permet l'illusion de l'anamorphose.
La question est: pouvez-vous vous fier à vos yeux?



Pour explorer l'anamorphose, cliquez ici,

La beauté est une question de comparaison.

Comment fonctionne cette illusion d'optique?
Objectivement, ces stars d'Hollywood sont considérés comme de belles personnes. Lorsqu'on regarde leur visage de face, au centre de notre champ de vision, la plupart de ces visages nous semblent effectivement agréables, attirants, bien proportionnés.
Mais notre vision périphérique n'est pas aussi bonne. Lorsqu'on aperçoit quelque chose qui est situé aux limites de notre champ de vision, nous distinguons moins bien les détails. La preuve de cela, c'est qu'on ressent tous le besoin de fixer un objet bien en face lorsqu'un veut l'observer, afin que nos yeux puissent faire le focus sur les détails.
Dans cette illusion, nous sommes forcés de regarder au centre, et les visages apparaissent donc hors de notre la zone idéale qui nous permet de bien les différencier. On a même de la difficulté à les reconnaître! Mais il y a plus: Comme nous gardons notre attention sur une croix, qui est un objet d'une parfaite géométrie, les visages nous semblent encore plus imparfaits. Et pour couronner le tout, puisqu'on nous montre deux visages à la fois, nous avons tendance à ne voir que les différences entre les deux faces qui apparaissent. Par exemple, puisque George Clooney a un plus gros menton qu'Angelina Jolie, ce dernier nous semble énorme!
Le coupable? Notre cerveau, qui n'a pas le temps de bien voir et qui créé ces caricatures en faisant des comparaisons grossières.
Cette expérience nous incite à réfléchir sur la beauté, qui n'est après tout qu'une question de perception.

Le fond et la forme

Nous avons vu ce qu'était le fond et la forme, et à quel point certains artistes, comme Escher, s'amusent à les interchanger pour créer des illusions d'optique. Vous pouvez en trouver plusieurs exemples ici.


Une souriE? Un gorielle? Je ne connais pas ces animaux... Peu importe, cet artiste (inconnu) a bien exploité dans ce dessin le potentiel du fond et de la forme.

Hyperréalisme

Description

Le style hyperréaliste se traduit par une extrême précision du détail dans le rendu plastique d'une oeuvre, imitant parfois le rendu photographique. Il s'inscrit dans un courant plus large, qui est le réalisme.

Une absence de tout contenu émotionnel, un regard dépassionné et disséqueur, des couleurs parfois lisses et crues, un certain fétichisme de l’objet, telles sont les caractéristiques de l’Hyperréalisme. Photorealism est un terme américain qui désigne l'Hyperréalisme est peinture.
Cette peinture est par ailleurs influencée par les maîtres anciens et célèbre le retour de l'imitation et de la technique, principes classiques rejetés par de nombreux artistes modernes.
Les peintres hyperréalistes ou photoréalistes renoncent donc à s’affranchir des contraintes et des limites de la technique. Outre la réalité elle-même, la photographie est également utilisée comme modèle, dans ces moindres détails (flou, grain, etc). Certains artistes utilisent des procédés techniques comme le projecteur, mais il s'agit bel et bien de peinture, réalisée sans mode d'impression ou autre "tricherie".

Exemples
Chuck Close, Autoportrait (1967)

Candles (1982) de Gerhard Richter
Coffee Cottage Delight (2005) de Clive Head

A binairy set (2009), par Jason de Graaf.

René Wirths, Main

Depuis quelques années, le terme photoréalisme est aussi utilisé dans les domaines du graphisme et de l'informatique, puisque l'illusion de réalité constitue souvent l'objectif des créateurs d'images générées par ordinateur.



La Gestalt, qu'est-ce que c'est?

Gestalt est un mot allemand que l'on peut traduire par «configuration», «ensemble» ou «organisation d'éléments».

Apparue en Allemagne au début du XXe siècle, la théorie de la Gestalt relève d'abord de la philosophie et de la psychologie. Elle se serait développée partiellement en réaction à la tendance dominante en psychologie à cette époque, où l'on cherchait à isoler les éléments les uns des autres. Or, selon la Gestalt, ce que l'on perçoit, sur tous les plans, s'organise non par morceaux, mais par ensembles – le tout étant plus grand que la somme de ses parties. Quand on reconnaît quelqu'un, par exemple, c'est instantanément l'ensemble de son visage qui a du sens.

L'avant et l'arrière-plan en psychologie

Tout ce que l'on voit, entend et ressent fait partie d'un « paysage » (la Gestalt) où certaines choses sont temporairement en avant-plan tandis que le reste demeure en toile de fond. Ce qui se trouve à l'avant-plan change constamment : vous marchez dans la rue et, de minute en minute, telle ou telle vitrine capte votre regard, le reste devenant "flou", ou du moins, non perçu; le jour où votre i-pod rend l'âme, vous remarquez soudain toutes les publicités de i-pod dans le journal; vous êtes inquiet au sujet d'un examen médical et le reste de votre existence vous semble superficiel...

Dans un fonctionnement harmonieux et dynamique, le « portrait » (la Gestalt) est en mouvement constant, chaque aspect de l'existence prenant l'avant-plan au moment opportun : manger, penser à sa mère, se concentrer sur un problème, etc. Par ailleurs, à tout moment l'individu doit pouvoir discerner quels éléments doivent s'imposer, chacun d'eux ne prenant toute leur signification que par rapport au fond (au contexte) : une crevaison sur l'autoroute ou devant la maison, ce n'est pas la même chose.

Il peut aussi arriver qu'une préoccupation occupe tout l'espace mental ou affectif et ne puisse plus retourner à l'arrière-plan. En psychologie, on observe que chez certaines personnes, et pour différentes raisons, le mouvement entre le fond et l’avant-plan manque de souplesse.


La Gestalt en Art

Une théorie de la perception prenant en compte la théorie de la Gestalt a été élaborée par Wertheimer en 1923. Ces lois de l'organisation perceptive consistaient en six lois:

La loi de proximité: Les éléments proches les uns des autres ont tendance à être perçus comme faisant partie d'un groupe.

La loi de similarité: Les éléments semblables ont tendance à être regroupés, même si ils ne sont pas rapprochés.

La loi de fermeture: La perception visuelle nous amène à compléter virtuellement les figures incomplètes.

La loi de continuité: Les éléments ont tendance à être perçu dans le cadre d'une séquence ordonnée.

La loi de symétrie: La symétrie inspire la cohérence.

La loi de simplicité: La simplicité est perçue comme souhaitable et cohérente.

En art, on parle de Gestalt pour décrire la sensation de perception globale d'une image, qui est essentielle au travail artistique. En effet, un artiste fait constamment des "allers-retours" entre les détails d'un dessin, par exemple, et son rendu global. Pour croquer rapidement un modèle, le dessinateur doit pouvoir aller "du général au particulier" et arriver à considérer plusieurs aspects d'un dessin d'un seul coup d'oeil. (les lignes de contour, les espaces positifs et négatifs, les relations entre les éléments, les ombres et lumières, etc.)




Le schéma ci-dessus illustre les différentes couches de perception qui composent la Gestalt. Apprendre à dessiner, c'est avant tout apprendre à regarder en gardant toujours ces éléments à l'esprit.

Sources: passeportsante.net / www.siggraph.org / www.drawright.com

Illusion d'optique chromatique



Cette illusion est intéressante, puisqu'elle nous fait prendre conscience du caractère contextuel des couleurs. Lorsqu'on suit des yeux le mouvement des cercles (attention aux étourdissements!) on ne les voit que disparaître et réapparaître. Jusque là, tour est normal. Mais si on fixe la croix du milieu, soudain, on aperçoit un cercle vert, qui comble l'espace manquant.

Pourquoi? Justement parce que notre oeil ne juge les couleurs que selon le contexte. Le coupable, ici, est le fond gris! Le gris, par définition, n'est pas une couleur, et se colore selon la lumière ambiante. Dans cette illusion, les points disparaissent et réapparaissent trop rapidement pour que notre oeil ait le temps de s'ajuster. Par contraste, il nous fait voir un cercle vert à chaque fois qu'un cercle violet disparaît, tout simplement parce que le vert est la couleur opposée du violet dans le spectre des couleurs.


Le même principe s'applique au ombres et lumières qui change considérablement notre perception des couleurs, très souvent sans que l'on en ait conscience. Qui croirait à première vue que les tuiles A et B du damier ci-dessus sont exactement de la même teinte? Et pourtant, ils sont rigoureusement identiques. Le plus foncé étant dans la lumière et le plus pâle dans l'ombre, ils ont la même intensité. Mais notre jugement, guidé par la logique, persiste à croire à l'immuabilité des couleurs. Erreur!

Les constructions impossibles

Notre cerveau cherche constamment à analyser les images visuelles en termes spatiaux, afin de nous aider à appréhender notre environnement.
C'est ainsi que, comme nous l'avons vu, de simples lignes sur une surface en deux dimensions nous suggèrent des reliefs, et des formes géométriques colorées semblent s'animer d'une vie propre.


Il s'agit de regarder les cubes ci-contre pour s'en convaincre.
Le cube de verre, aussi simple soit-il, nous donne trop d'indices (effets de lumière) pour nous déstabiliser. Nous avons une impression de réalité.


Le cube dessiné de douze lignes noire ne fait qu'évoquer cette réalité et nous fait plus facilement basculer dans l'illusion d'optique. (Si ce cube était réel, laquelle de ses faces se situerait derrière? hum...)

La géométrie est à la base de ce phénomène. En effet, la géométrie euclidienne nous fait entrer dans un système logique de représentation du réel pour mieux nous confondre.




Observons maintenant ce cube simple (nommé cube de Necker) et une illusion d'optique basé sur cette ambiguïté.


Le cube de droite imite les effets de lumière du monde réel, mais sa construction ne respecte pas les lois de la perspective. C'est ce qu'on appelle une construction impossible.
Impossible, parce que ces figures n'existent qu'au niveau graphique, en deux dimensions. On ne pourrait construire un objet en trois dimensions selon les mêmes règles.
Certains artistes ont essayé, mais leur oeuvre (comme le cube de bois ci-contre) ne reproduit l'illusion que si on le regarde que d'un seul point de vue (comme dans le cas des anamorphoses, qui ne sont que le produit de la déformation d'une image). La photographie ci-contre ne fait alors figure que d'habile trucage.


Le dessin en deux dimension est si puissant par sa force de suggestion que, comme dans le cas du carré ci-contre, on a parfois pas besoin de dessiner une ligne pour la faire apparaître.


Ce qui nous fascine en réalité, c'est le côté ambigu de ces illusions d'optique, qui semblent nous proposer une vision spatiale, sans jamais nous permettre de la vérifier par l'expérience. Nous savons que ces dessins ne sont que des traits sur du papier, mais pourtant, nous voyons bel et bien un effet de profondeur et nous en ressentons un vertige.


Dans le cas des constructions impossibles, cela va encore plus loin: on nous fait croire à construction tout en nous révélant son impossibilité.


L'une des construction impossible les plus connues est sans doute le Blivet, aussi appelé « trident à deux dents », « fourche du diable » et « la chose à trois jambes ». La force de cette illusion est due au fait que notre regard se perd dans la linéarité de la forme. Ce n'est qu'un dessin, mais nous ne pouvons nous empêcher d'y voir la représentation d'un objet en 3D. 

Souvent utilisée en illustration, cette forme reste convaincante même lorsqu'on y ajoute des jeux d'ombres et de lumières.

C'est ainsi que certains artistes ont basé leur oeuvre entière sur l'ambiguïté que permettent le dessin géométrique.


Le néerlandais M.C. Escher est sans doute le plus connu d'entre eux. Féru de mathématiques, il a poussé potentiel des illusions d'optiques jusqu'à ses limites, produisant des oeuvres qui allient la sobriété de la géométrie avec l'expressivité du dessin. Voici, pour terminer ce bref aperçu de l'univers des constructions impossibles, certaines de ces réalisations.








Les illusions d'optiques, suite: les anamorphoses.

Illusions d'optique chromatiques

Nous avons vu les illusions d'optique géométriques, qui sont basées sur des relations de formes simples. voyons maintenant les illusions de nature chromatique, c'est à dire qui sont basées sur la couleur.
Le contraste est encore au coeur des illusions chromatiques. Car nous percevons toujours la couleur dans un contexte. Un ours brun paraîtra plus foncé sur la neige que dans l'ombre de sa forêt. C'est pourquoi la nature a inventé le camouflage, et que les ours qui vivent sur la banquise sont blancs. Cela n'est pas anodin: notre perception des couleurs est directement liée à notre survie. Si ce sujet vous intéresse, allez voir cette petite vidéo.


Pour démontrer clairement la question du contraste, voici un effet optique très simple, qui illustre ce phénomène bien connu des artistes.

Lequel des deux petits carrés est le plus pâle?
Celui qui figure au centre du gros carré gris foncé de gauche semble certainement plus pâle, mais c'est une illusion: ils sont exactement du même gris. Notre oeil compense en fonction du contexte. On peut s'en rendre compte en les isolant.

Si on fait intervenir la couleur, le même phénomène s'observe. Ici, le petit carré au centre du grand carré vert semble rose si on le compare à son voisin de droite. Pourtant, ils sont identiques. On peut facilement expliquer cela: Le rouge est la couleur complémentaire du vert. Dans un environnement vert, le gris prend donc une teinte rouge dans notre oeil.
Le phénomène inverse se produit toutefois dans l'illusion de Valois. Les damiers de couleurs vives illustrent le principe de l'assimilation des couleurs. Ici, il faut savoir qu'il n'y a que quatre couleurs de tuiles: jaune, bleu, rouge et vert. Si le rouge semble orangé à gauche et magenta à droite, c'est tout simplement une question de contexte. Dans cette figure, comme dans la peinture pointilliste, les couleurs des quatre losanges se mélangent dans notre oeil. (jaune+rouge= perception du orange...)

Ces erreurs de perception sont dues au fait que la rétine de l'oeil s'adapte lorsque les conditions de lumière changent. Pour vous en convaincre, tentez l'expérience suivante: Fixez la croix de gauche pendant 20 secondes, puis déplacez vos yeux sur celle de droite.
Vous devriez normalement apercevoir des cercles de couleur sur le fond blanc. Les cercles fantômes doivent leur présence au fait que la rétine, en s'adaptant à un nouveau contexte, a conservé l'empreinte des cercles de couleurs. Les cercles qui apparaissent ainsi sont donc les négatifs des couleurs ci-haut.

Lorsqu'on combine la géométrie et la couleur, on peut construire de véritables montagnes russes pour les yeux! En voici la preuve...
Il s'agit essentiellement d'ovales bleus de différentes dimensions sur un fond jaune. Cependant, non seulement on croirait y voir un relief, mais l'image semble véritablement s'animer! Et pourtant, il s'agit d'une image immobile. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (ça fonctionne mieux en grand format).

Allons plus loin encore.
Cliquez sur la figure ci-dessous pour agrandir l'image. Et attention aux âmes sensibles...

La suite: Les constructions impossibles.

Illusions d'optique géométriques


Voici quelques illusions d'optique classiques très simples, qui révèlent que notre perception de la réalité est parfois faussée par notre aptitude à interpréter les objets par rapport à leur position dans l'espace et leur relation avec d'autres objets.

L'illusion de Müller-Lyer est très ancienne et démontre efficacement ce principe.

Laquelle des deux lignes horizontale est la plus longue?



Dans les faits, elles sont exactement de la même longueur. La position des lignes diagonales faussent notre jugement.

Poursuivons avec l'illusion d'Ebbinghaus. Lequel des deux cercles au centre de chaque figure est le plus petit?


On jurerait que c'est celui de la figure de droite. Et pourtant... Encore une fois, ils sont rigoureusement semblables. Par contraste, les petits points de la figure de gauche rendent le point central plus imposant, et c'est exactement l'inverse dans la figure de droite.

L'illusion de Hering, à présent. Combien de lignes courbes comporte ce dessin?



Réponse: aucune. Le faisceau de lignes divergentes nous donne l'impression que les deux lignes horizontales sont recourbées. Pourtant, elles sont parfaitement droites.

Voyons l'illusion de Hermann. Il y a 36 carrés noirs dans cette figure. Combien comptez-vous de billes grises?



Ne fatiguez pas vos yeux. Il n'y en a aucune, bien sûr. Il s'agit encore d'une question de contexte. Le contraste violent entre le blanc et le noir créé cette illusion aux intersections des lignes blanches.


L'illusion de Kanizsa, pour terminer.

Combien de cercles?

Combien de triangles?

Combien d'étoiles?


Si vous voyez ces éléments, c'est que votre votre cerveau vous les suggère en se basant sur un minimum d'information (ce qui est tout à fait normal, rassurez-vous...) En fait, évidemment, cette image n'est composé que de trois V et de trois tartes auxquelles on a mangé un morceau (à moins qu'il ne s'agissent de trois pacmans?) Quoiqu'il en soit, personne n'y a mis de grand rectangle blanc, sauf votre cerveau!

La suite: les illusions d'optique chromatiques.

L'anamorphose (différentes méthodes)

Gigantesque anamorphose

À quoi servent les couleurs?



La façon dont on distingue les couleurs est une question de contexte, et c'est ce qui cause les illusions d'optiques. Voilà ce que nous apprend ce séminaire très intéressant -malheureusement en anglais, désolé- sur la physique des couleurs. Une vulgarisation accessible et passionnante sur l'utilité pour l'être humain (pour sa survie, rien de moins!) de distinguer les couleurs.

Le Rotodisque

Le ROTODISQUE est une technique très simple qui consiste à présenter une image en rotation, ce qui a des effets optiques fascinants, voire hypnotiques...
Je vous présente Anémic Cinéma, un petit film réalisé par Marcel Duchamp, qui fut l'un des plus célèbres artistes à explorer les possibilités esthétiques du rotodisque.
Ensuite, je vous invite à regarder une petite expérimentation que j'ai réalisé à l'aide du logiciel iMovie à partir d'un travail sur les rotodisques, bricolé avec les moyens du bord: crayons, cercles de carton et table tournante!



Élaboration d'une anamorphose

L'anamorphose dans l'art de rue.