Oeuf / Egg est le titre d'un dessin animé réalisé par trois groupes d'élèves en arts plastiques de Sophie-Barat. Des centaines de dessins plus tard, je suis très fier du travail accompli par mes élèves. Vous pouvez le retrouver facilement sur Youtube en inscrivant: oeuf / egg animation ou en le recherchant sur ce site.
Il s'agissait pour les élèves de faire 24 dessins afin de produire une animation image par image. Afin que l'apport de chacun puisse s'intégrer au tout, il leur fallait commencer et terminer par le même dessin, soit celui d'un simple oeuf. Leur imagination a fait le reste...
Architecture
Art cinétique
Art contemporain
Art de la scène
Art ephémère
Art génératif
Art interactif
Art vidéo
Artiste québécois
Bande dessinée
Beauté
Bricolage
Cerveau
Couleur
Courants artistiques
Culture populaire
Design
Documentaires
Désinformation
Fiction
Histoire
Iconoclastes
Jeu
Lumière
Musique
Médias
Performance
Perspective
Philosophie
Photographie
Propagande
Publicité
Subversion
anamorphose
animation
art moderne
art naïf
art urbain
artiste peintre
chimie
cinéma
conformisme
dessin
excentricité
exposition
fractales
géométrie
illusion d'optique
informatique
langage
mathématiques
mécanique
optique
pastel
peinture
physique
psychologie
sculpture
sociologie
symbolique
tolérence
télévision
Affichage des articles dont le libellé est dessin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dessin. Afficher tous les articles
Genèse d'un tableau
Voici un article que j'ai publié en 2006 sur mon blogue alors que j'étais à Paris, au squat de Rivoli "Électron libre" où j'ai eu la chance de passer l'été. J'y retrace les étapes de la création d'une peinture à l'acrylique. J'ai souligné quelques éléments langage plastique.
J'ai commencé à esquisser sous l'oeil attentif d'Ingrid, compatriote québécoise qui dispose elle aussi d'un atelier au squat de Rivoli.
J'ai poursuivis cette toile pendant cinq jours, en m'interrompant lorsque le ciel était nuageux ou la lumière changeait. Je voulais respecter la qualité de la lumière.
J'ai trouvé le sujet plus riche encore que je pouvais le soupçonner. J'ai pensé à Matisse et à son traitement des motifs, à la chaise de la chambre de Van Gogh qui semble flotter dans une perspective propre à elle-seule, et à l'abivalence fond / forme sur laquelle avaient joué les nabis.
Le soleil chaud d'un début d'après midi et le plancher gris reflètant les murs bleus de l'atelier m'a inspiré cette harmonie de bleus et d'orangés. Pour miser sur l'effet vibrant des couleurs complémentaires, les noirs sont en vérité des bruns orangés très foncés ou des bleus foncés. Les gris et les blancs s'accordent selon les couleurs qu'ils voisinent selon la loi du contraste simultané.
Cette fenêtre est devenue une synthèse de mon quotidien dans cet atelier, et il s'agit d'un autoportrait en quelque sorte. Voilà pourquoi j'ai peint mon reflet dans la fenêtre. ça m'amusait de réunir dans la même image les trois plus grands thèmes de la peinture, soit le paysage, la nature morte et le portrait.
Le fond et la forme
Nous avons vu ce qu'était le fond et la forme, et à quel point certains artistes, comme Escher, s'amusent à les interchanger pour créer des illusions d'optique. Vous pouvez en trouver plusieurs exemples ici.
Une souriE? Un gorielle? Je ne connais pas ces animaux... Peu importe, cet artiste (inconnu) a bien exploité dans ce dessin le potentiel du fond et de la forme.
Une souriE? Un gorielle? Je ne connais pas ces animaux... Peu importe, cet artiste (inconnu) a bien exploité dans ce dessin le potentiel du fond et de la forme.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le crayon HB
Combien de plomb dans ce crayon ?
Pour les amateurs de statistiques, mentionnons qu’un crayon ordinaire peut écrire environ 45 000 mots ou tracer une ligne d’environ 55 kilomètres de long. Mis bout à bout, les crayons fabriqués annuellement dans le monde feraient 45 fois le tour de la Terre!
On peut faire remonter la petite histoire du modeste crayon de «plomb» à l’Empire romain, alors que des tiges de plomb étaient utilisées par les scribes pour écrire sur le papyrus. À la même époque, le graphite, une variété de carbone cristallisé formée de carbone presque pur, pouvait être utilisé dans le même but et présentait l’avantage de laisser une marque plus noire sur le papier. Mais ce n’est qu’à partir de 1564, avec la découverte d’un dépôt très pur à Borrowdale, en Angleterre, que le graphite a été utilisé à grande échelle. À ce moment-là, on croyait que le graphite était une variété de plomb et on l’appelait plombagine.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la nature exacte du graphite a été déterminée par le chimiste suédois Carl Scheele (1779), et son nom définitivement établi d’après le grec grafein, qui signifie «écrire». Les encres étaient déjà disponibles et utilisées couramment.
Originalement, le graphite était enveloppé de diverses façons pour l’empêcher d’éclater, puisque c’est un matériau friable, et prenait déjà la forme d’un crayon. La poudre de graphite était souvent mélangée avec des liants, ce qui permettait d’utiliser des gisements de moindre qualité. Jusqu’à l’invention, en 1795, en pleine Révolution française, du chimiste Nicolas Conté, qui consistait à mélanger le graphite avec de la glaise et de l’eau, invention qui perdure encore aujourd’hui.
En effet, le graphite est aujourd’hui mélangé avec de la glaise et finement broyé dans une rotative qui contient des granulats. Après un processus qui dure plusieurs jours, où de l’eau est ajoutée, enlevée puis de nouveau ajoutée, la pâte molle du mélange de graphite, de glaise et d’eau est extrudée à travers une buse pour former la fine tige que nous utilisons, appelée le «plomb» (un peu comme la pâte à spaghettis est extrudée pour donner la tige que nous mangeons) qui est durcie à une température d’au moins 1000° C et rendue ainsi plus lisse. Du noir de carbone est souvent ajouté pendant l’opération pour noircir le composé. Les crayons sont fabriqués à partir de blocs de bois qui sont simplement usinés pour former des rainures dans lesquelles les «plombs» sont insérés. Un deuxième bloc est placé sur le premier, collé et les crayons individuels coupés.
La tradition de peindre en jaune les crayons, qui se poursuit même aujourd’hui, date du milieu du XIXe siècle lorsqu’une mine de graphite très pur a été découverte à la frontière de la Russie et de la Chine par le français Jean-Pierre Alibert. La couleur jaune était utilisée pour indiquer la source du graphite de ces crayons. L’habitude nord-américaine d’y ajouter une gomme à effacer date de 1858, mais il semble que cela ne se fasse généralement pas en Europe.
La dureté de plomb est indiquée par un chiffre, qui varie de 1 à 9; plus le chiffre est élevé, plus le plomb est dur. On utilise aussi, dans le même but et de façon souvent simultanée, la lettre H pour indiquer la dureté (hard), la lettre B pour la saturation en noir (blackness) ou des combinaisons telles que HB, pour dur et noir, ou HH, qui est très très dur. On verra aussi le E qui désigne Extreme blackness et qui est très gras, et le F pour Fine, une mine fine et plus dure que le classique intermédiaire HB.
Échelle de 19 degrés du plus gras et noir jusqu'au plus dur et pâle:
| E | 7B | 6B | 5B | 4B | 3B | 2B | B | HB | F | H | 2H | 3H | 4H | 5H | 6H | 7H | 8H | 9H |
| mines grasses | normales | mines dures | ||||||||||||||||
Revenons à notre question initiale : combien de plomb dans les 8,4 milliards de crayons de plomb fabriqués annuellement? Évidemment, ils n’en contiennent plus depuis longtemps, pour la joie des écologistes… et des élèves.
Source: http://robinrousseau.tripod.com/crayon.htm
La Mise au carreau
La mise au carreau est une technique simple qui permet de reproduire une image très fidèlement. Les grandes fresques de la renaissance étaient réalisées grâce à cette technique d'agrandissement.
Cette technique nécessite le recours à une une grille minutieuse qui multiplie simplement les points de repères. Elle est connue depuis l'antiquité.
J'ai eu l'occasion de proposer un projet de murale collective à mes élèves à plusieurs reprises. Dans le cadre de ce genre de projet, chaque élève réalise un fragment de l'image modèle en l'agrandissant à l'aide de la technique de la mise au carreau.
Ici: EYE, par Escher:
Et ce qu'un groupe de secondaire 1 de Sophie-Barat ont réalisés (ici, l'oeuvre n'est pas achevée):
Une image idéale pour ce type de projet ne se laisse découvrir qu'à la toute fin pour garder le suspense. Elle doit aussi comporter beaucoup de détails de textures et de couleurs afin que chaque fragment soit intéressant à reproduire.
Ici, MOI ET MON VILLAGE de Chagall:
L'oeuvre finale, réalisée par deux classes de secondaire 2 de l'école Sophie-Barat:
C'était aussi la mise su carreau qu'utilisaient autrefois les peintres chargés de reproduire des publicités sur les immeubles. Voici un petit vidéo qui en explique les étapes, très faciles à suivre.
Cette technique nécessite le recours à une une grille minutieuse qui multiplie simplement les points de repères. Elle est connue depuis l'antiquité.
Ici: EYE, par Escher:
Et ce qu'un groupe de secondaire 1 de Sophie-Barat ont réalisés (ici, l'oeuvre n'est pas achevée):
Une image idéale pour ce type de projet ne se laisse découvrir qu'à la toute fin pour garder le suspense. Elle doit aussi comporter beaucoup de détails de textures et de couleurs afin que chaque fragment soit intéressant à reproduire.
Ici, MOI ET MON VILLAGE de Chagall:
| Cette photographie donne une idée de l'échelle du fragment et du dessin à réaliser par l'élève au crayon de bois. |
C'était aussi la mise su carreau qu'utilisaient autrefois les peintres chargés de reproduire des publicités sur les immeubles. Voici un petit vidéo qui en explique les étapes, très faciles à suivre.
![]() |
| En déformant la deuxième grille, on peut produire également des images surprenantes, comme les anamorphoses. |
Décès de Moebius
L'un des plus grands dessinateurs de bande-dessinée, Jean Giraud alias MOEBIUS, est mort samedi dernier à l'âge de 73 ans. Je retranscrit ici un passage du texte de François Armanet paru hier dans le Nouvel Observateur, qui a su résumer en quelques lignes toute l'envergure de l'artiste:
Tous les grands de la BD, de Bilal à Loustal, de Mézières à Killoffer, des vétérans du «Pilote» des années 1960 aux nouvelles stars de L'Association, le révèrent comme un génie qui a su conjuguer durant un demi-siècle expérimentation et classicisme. Jean Giraud, chamane au double visage, sous la signature de «Gir» pour Blueberry, sommet du western réaliste, et sous celle de «Moebius» pour défricher les terrains vierges, était unique.
Son influence ne se limite pas à la bande dessinée franco-belge: les deux autres patries mondiales de la BD - mangas japonais et comics américains - lui vouent un culte rare. Il partage l'affiche avec Miyazaki, et Stan Lee fait appel à lui pour dessiner «le Surfer d'argent» chez Marvel.
Son œuvre multiforme inspire jeux vidéo et grand écran: «Tron», «Abyss», «Alien» ou «le Cinquième Elément» portent sa marque, et le récent court métrage en 3D qu'il avait conçu pour l'exposition Cartier frappait par son inventivité.
Personnellement, à travers des oeuvres comme Arzach ou l'Incal (scénarisé par Alejandro Jodorowsky, et avec lequel il avait envisagé faire une adaptation cinématographique de Dune de Frank Herbert) Moebius a nourri dès mon enfance le désir que j'avais de créer, d'inventer des mondes grâce à la magie du dessin. Son style est unique et polymorphe. En un mot, Moebius pouvait tout faire. Il nous manquera.
Cerveau droit et cerveau gauche
Nous savons depuis quelques dizaines d'années que le cerveau humain est divisé en deux hémisphères.
Les découvertes dans ce domaine (autant dans les neurosciences qu'en psychologie) ont conduit à certaines simplifications qui entretiennent le mythe qu'une moitié du cerveau serait intuitive et l'autre, rationnelle. Dans le domaine des arts plastiques, certains aiment répéter que les artistes pensent avec leur cerveau droit, ce qui est absolument faux. Tous le monde, gauchers ou droitier, artiste ou scientifique, utilise l'entièreté de son cerveau!
C'est ce qu'explique de façon très claire Iain McGilchrist, qui est un expert en la matière. Malheureusement, il est anglophone. Des extraits d'une conférence intitulée the divided brain, par laquelle il désire rétablir les faits, ont été utilisés pour créer une superbe animation crée par Cogitive Media, un organisme qui cherche à rendre accessible une variété de sujets passionnants.
Et voici une autre conférence plus longue par Iain McGilchrist.
Les découvertes dans ce domaine (autant dans les neurosciences qu'en psychologie) ont conduit à certaines simplifications qui entretiennent le mythe qu'une moitié du cerveau serait intuitive et l'autre, rationnelle. Dans le domaine des arts plastiques, certains aiment répéter que les artistes pensent avec leur cerveau droit, ce qui est absolument faux. Tous le monde, gauchers ou droitier, artiste ou scientifique, utilise l'entièreté de son cerveau!
C'est ce qu'explique de façon très claire Iain McGilchrist, qui est un expert en la matière. Malheureusement, il est anglophone. Des extraits d'une conférence intitulée the divided brain, par laquelle il désire rétablir les faits, ont été utilisés pour créer une superbe animation crée par Cogitive Media, un organisme qui cherche à rendre accessible une variété de sujets passionnants.
Et voici une autre conférence plus longue par Iain McGilchrist.
Canons et proportions
Définitions
PROPORTION: combinaison des différents rapports, des dimensions relatives entre les parties et le tout.
CANON (Beaux-Arts) : Norme de proportionnalité appliquée à la figure et au corps de l'homme et déterminant le type idéal de la perfection physique.
On convient généralement que savoir bien dessiner, c'est être capable de reproduire, dans d'exactes proportions, ce que l'on voit.
En art, on confond souvent le sens des mots proportions et canon. Le canon de beauté est un idéal de beauté, qui varie un peu selon les époques. Car on est bien forcé de constater que dans la réalité, les hommes et les femmes ne ressemblent pas tous à ça:
Dans cette suite, chaque chiffre correspond à la somme des deux nombres précédents:
La suite ne s'arrête pas là. Elle se poursuit à l'infini, comme le font d'ailleurs les nombres dans cette science que l'on appelle les mathématiques!

Là où la suite de Fibonacci intéresse l'artiste, c'est qu'elle génère de nombreux rapports de formes harmonieux, qui s'exprime visuellement dans une spirale sans fin construite à partir de carrés qui correspondent à chaque nombre de la suite.
La suite de Fibonacci sera qualifiée de magique, puisqu'elle se retrouve partout dans l'observation de la nature: le corps humain, bien sûr, mais aussi les fleurs, les coquillages, et même la queue du caméléon!
Un rapport de proportion que l'on qualifia bientôt de divin, puisqu'on crut y voir la preuve de la présence d'un grand architecte derrière la création. La divine proportion, ce n'était rien de moins que la marque de Dieu!
Cette divine proportion, que De Vinci (et les artistes qui suivront) appliquera à la représentation du corps humain, deviendra elle-même un canon en peinture, mais aussi en sculpture et en architecture, que l'on appellera le NOMBRE D'OR.
En 1943, l'architecte français Le Corbusier mettra au point le Modulor. Ce nouveau mot, composé à partir des mots "module" et "nombre d'or" désigne une silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d'habitation. Elle devait permettre, selon Le Corbusier, un confort maximal dans les relations entre l'homme et son espace vital.
Directement lié à la morphologie humaine, le modulor était plus adapté à l'architecture, selon lui, que l'actuel système métrique, qu'il espérait voir disparaitre. En effet, les proportions fixées par le modulor sont directement liées au nombre d'or. Par exemple, le rapport entre la taille (1,83 m) et la hauteur du nombril (1,13 m) moyennes est égal à 1,619, soit le nombre d'or à un millième près.
Si le nombre d'or vous intéresse, j'ai déjà publié quelques articles à ce sujet, dont un amusant et instructif petit film produit par Walt Disney! Sous la rubrique mathématiques, vous découvrirez également d'autres affinités entre les maths et les arts.
Ce détour dans l'univers fascinant des mathématiques nous permet de comprendre pourquoi tant d'artistes ont respecté certains canons au cours des siècles. Il ne faut pas oublier cependant qu'aujourd'hui, l'harmonie et l'équilibre ne sont plus nécessairement synonymes de beauté.
Entre la renaissance et l'ère moderne, la poésie a su exprimer les multiples visages de la beauté, jusqu'à trouver du beau dans les choses les plus morbides. L'expressionisme, le gothique, l'arte povera, l'art brut, le symbolisme, l'art urbain et l'abstraction ne sont que quelques mouvements en art qui ont chacun à leur façon redéfini la notion du beau. En un mot, la beauté en art ne correspond plus toujours aux canons d'autrefois.
Le modèle hérité de De Vinci dont ont se sert généralement pour enseigner les proportions du corps humain n'est donc qu'un guide, et non une mesure sur laquelle on devrait juger des critères esthétiques d'un corps. Pour explorer davantage la question contreversée de la beauté: dessiner un visage
La connaissance des proportions ne saurait en ce sens remplacer le bon vieux sens de l'observation de l'artiste. À preuve: le raccourci, qui fait voler en éclat ces savants calculs de proportions.
Ci-dessous, une petite animation illustre les déformations qu'exercent le raccourci sur la grille de proportions du corps humain.
En terminant, il est utile de rappeler que ces théories sur les proportions seront, à l'époque moderne, remisent en question en tant que critère d'appréciation d'une oeuvre d'art. Peintres et sculpteurs voudront déconstruire le corps et donner la primauté à la vison subjective des artistes. Les déformations opérées sur l'anatomie humaine par les expressionnistes et les cubistes deviendront alors un moyen expressif de traduire une émotion ou une idée.
PROPORTION: combinaison des différents rapports, des dimensions relatives entre les parties et le tout.
CANON (Beaux-Arts) : Norme de proportionnalité appliquée à la figure et au corps de l'homme et déterminant le type idéal de la perfection physique.
On convient généralement que savoir bien dessiner, c'est être capable de reproduire, dans d'exactes proportions, ce que l'on voit.
En art, toutefois, le respect des proportions réelles n'a pas toujours été la norme. On a qu'à voir comment, dans la peinture antique égyptienne ou dans l'art du moyen âge, les artistes mettaient plutôt de l'avant une représentation symbolique qui visait à refléter la hiérarchie de leurs sociétés.
Ce n'est qu'à la renaissance qu'une prétention à l'objectivité pris définitivement le dessus sur le symbolisme et que l'on chercha à mesurer le corps humain sur toutes ses coutures. Ces recherches, menées par les artistes autant que par les mathématiciens conduisirent à établir un idéal esthétique qui est toujours en vigueur aujourd'hui.
![]() |
| Les ordres de grandeur dans l'art égyptien. |
![]() |
| La taille des personnages dans cette oeuvre du moyen âge révèle leur importance symbolique. |
En art, on confond souvent le sens des mots proportions et canon. Le canon de beauté est un idéal de beauté, qui varie un peu selon les époques. Car on est bien forcé de constater que dans la réalité, les hommes et les femmes ne ressemblent pas tous à ça:
Léonard de Vinci a été l'un des premiers à mesurer le corps humain sous toutes ses coutures. L'homme de Vitruve est l'illustration d'un corps qui respecte selon lui les proportions idéales du corps humain. Très rapidement, ces rapports de proportions sont donc devenus un CANON à respecter en art.
![]() |
| L'homme de Vitruve |
De Vinci basait ses savants calculs de proportions sur l'observation de la nature, mais aussi sur les travaux d'un autre Leonardo, Leonardo Fibonacci, un mathématicien italien du 13ième siècle, qui identifia ce qu'on désignera par la suite de Fibonacci, une célèbre suite de nombres entiers à laquelle Fibonacci était arrivé en tentant de comprendre le rythme de reproduction des lapins!
Dans cette suite, chaque chiffre correspond à la somme des deux nombres précédents:
0
|
1
|
1
|
2
|
3
|
5
|
8
|
13
|
21
|
34
|
55
|
89
|
144
|
233
|
377
|
610
|
987
|
La suite ne s'arrête pas là. Elle se poursuit à l'infini, comme le font d'ailleurs les nombres dans cette science que l'on appelle les mathématiques!
Là où la suite de Fibonacci intéresse l'artiste, c'est qu'elle génère de nombreux rapports de formes harmonieux, qui s'exprime visuellement dans une spirale sans fin construite à partir de carrés qui correspondent à chaque nombre de la suite.
La suite de Fibonacci sera qualifiée de magique, puisqu'elle se retrouve partout dans l'observation de la nature: le corps humain, bien sûr, mais aussi les fleurs, les coquillages, et même la queue du caméléon!
Un rapport de proportion que l'on qualifia bientôt de divin, puisqu'on crut y voir la preuve de la présence d'un grand architecte derrière la création. La divine proportion, ce n'était rien de moins que la marque de Dieu!Cette divine proportion, que De Vinci (et les artistes qui suivront) appliquera à la représentation du corps humain, deviendra elle-même un canon en peinture, mais aussi en sculpture et en architecture, que l'on appellera le NOMBRE D'OR.
En 1943, l'architecte français Le Corbusier mettra au point le Modulor. Ce nouveau mot, composé à partir des mots "module" et "nombre d'or" désigne une silhouette humaine standardisée servant à concevoir la structure et la taille des unités d'habitation. Elle devait permettre, selon Le Corbusier, un confort maximal dans les relations entre l'homme et son espace vital.
Directement lié à la morphologie humaine, le modulor était plus adapté à l'architecture, selon lui, que l'actuel système métrique, qu'il espérait voir disparaitre. En effet, les proportions fixées par le modulor sont directement liées au nombre d'or. Par exemple, le rapport entre la taille (1,83 m) et la hauteur du nombril (1,13 m) moyennes est égal à 1,619, soit le nombre d'or à un millième près.
![]() |
| Le Modulor de Le Corbusier est toujours utilisé aujourd'hui par les architectes. |
Si le nombre d'or vous intéresse, j'ai déjà publié quelques articles à ce sujet, dont un amusant et instructif petit film produit par Walt Disney! Sous la rubrique mathématiques, vous découvrirez également d'autres affinités entre les maths et les arts.
Ce détour dans l'univers fascinant des mathématiques nous permet de comprendre pourquoi tant d'artistes ont respecté certains canons au cours des siècles. Il ne faut pas oublier cependant qu'aujourd'hui, l'harmonie et l'équilibre ne sont plus nécessairement synonymes de beauté.
![]() |
| Proportions d'une tête de vieillard, étude par Léonard De Vinci (1488) |
![]() |
| Le fameux "canon à huit têtes" désigne les proportions masculines idéales. Mais comme on peut voir ci-haut, ce calcul ne s'applique pas à tous. |
![]() |
| La beauté en art ne s'exprime pas toujours par le respect d'un canon, mais par l'observation des proportions réelles d'un corps. |
![]() |
| Un raccourci célèbre: Lamentation sur le Christ mort par Andrea Mantegna (1490) |
Ci-dessous, une petite animation illustre les déformations qu'exercent le raccourci sur la grille de proportions du corps humain.
En terminant, il est utile de rappeler que ces théories sur les proportions seront, à l'époque moderne, remisent en question en tant que critère d'appréciation d'une oeuvre d'art. Peintres et sculpteurs voudront déconstruire le corps et donner la primauté à la vison subjective des artistes. Les déformations opérées sur l'anatomie humaine par les expressionnistes et les cubistes deviendront alors un moyen expressif de traduire une émotion ou une idée.
![]() |
| Les demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso (1907) et ses scandaleuses déformations anatomiques choquèrent les critiques et inspirèrent plusieurs artistes. |
La page blanche, dessin animé
Je vous présente ici une œuvre collective des élèves en option Arts Plastiques de quatrième secondaire de l'école Paul-Gérin-Lajoie, d’Outremont. Sous ma supervision, deux groupes d'élèves de l'enseignante Lidia Buzzetti ont travaillé en collaboration. Cinquante élèves se sont donc appliqués à créer une chaine ininterrompue de dessins, laissant libre cours à leur imagination. Dix heures et plus de 600 dessins plus tard, leur travail prend enfin vie!
LA PAGE BLANCHE est un court métrage d'animation dont le scénario fut totalement improvisé par les élèves. Le résultat évoque les méandres de l'imaginaire lorsqu'il est confronté au syndrome de la page blanche.
La création de l'image clef est la première étape du processus, au cours duquel les élèves ont eu à créer un dessin, sans aucune consigne particulière. C'est la variété de styles et de sujets des images clefs qui donne le ton au film.
Suite à ce premier dessin, les élèves reçoivent une photocopie du dessin de l'image clef d'un autre élève, ce qui assure la continuité du film.
À partir de ces deux images, ils ont à produire une image intermédiaire, que l'on nomme image de passage. Il s'agit alors d'imaginer un moyen d'opérer une transition entre les deux images, soit en la transformant progressivement, soit en faisant intervenir un trucage narratif. Différentes techniques sont alors vues en classe. L'utilisation du papier calque devient alors essentielle.
Avec le but de produire au moins une seconde de dessin animé, soit 12 dessins, les élèves ont ensuite à compléter la série des images en observant le même procédé et en gardant à l'esprit que pour la lisibilité de l'oeuvre finale, la clarté du dessin doit primer sur la qualité des détails.
La dernière étape, et non la moindre, consiste à prendre chaque dessin en photo en s'assurant de préserver la continuité et l'unité de la lumière, ce qui est tout un défi. Le choix du noir et blanc nous permettait d'atténuer les différences de contraste.
La dernière étape, et non la moindre, consiste à prendre chaque dessin en photo en s'assurant de préserver la continuité et l'unité de la lumière, ce qui est tout un défi. Le choix du noir et blanc nous permettait d'atténuer les différences de contraste.
La ligne claire d'HERGÉ
Un documentaire en deux parties sur le dessin d'HERGÉ, créateur de Tintin, et maître de la ligne claire.
Le contour aveugle
Lorsque j'enseigne le dessin, j'insiste sur l'importance de la vision analytique objective du cerveau droit.
Qu'est-ce que c'est? Je vous explique.
Au lieu de décoder les images en en faisant des symboles rationnels, l'artiste doit s'éfforçer -dans le contexte du dessin d'observation- d'oublier ce qu'il connait du modèle ou de l'objet afin de le représenter TEL QU'IL LE VOIT et non tel qu'il le comprend, ce qui revient à faire taire une partie de son intelligence au profit d'un autre mode de pensée.
Afin d'opérer la transition parfois difficile du cerveau gauche au cerveau droit, je fais faire à mes élèves certains exercises largement inspirés du très utile livre de Betty Edwards, Drawing on the rigth side of the brain. Un de ces exercises est le dessin de contour aveugle, c'est-à-dire le dessin d'observation exécuté sans regarder sa feuille. Cet exercise déroutant est difficile à faire -parce qu'il est presque irrésistible de regarder notre dessin plutôt que ce que l'objet dessiné- et certains en ressentent un stress, voire un malaise. Mais c'est un moyen incroyable pour s'amélliorer en dessin et une façon presqu'infaillible de provoquer le passage à un mode "cerveau droit"...
Il est vraiment intéressant de contater que les dessins exécutés de cette façon comportent une certaine parentée d'une personne à une autre. On reconnait le dessin de contour aveugle par sa ligne typique brisée mais continue, fine et nerveuse, amalgammée et aérienne. Vous pouvez en observer sur un blog consacré à ce type de dessin, Blind Contourism. Ces dessins sont toutefois l'œuvre d'artistes talentueux aux styles distinctifs, dont James Culleton, qui m'a fait le plaisir de m'envoyer sa vision d'un spectacle de Taïga, formation musicale au sein de laquelle je jouais comme batteur.
![]() |
| Taïga concert par James Culleton, 2005 |
La Gestalt, qu'est-ce que c'est?
Gestalt est un mot allemand que l'on peut traduire par «configuration», «ensemble» ou «organisation d'éléments».
Apparue en Allemagne au début du XXe siècle, la théorie de la Gestalt relève d'abord de la philosophie et de la psychologie. Elle se serait développée partiellement en réaction à la tendance dominante en psychologie à cette époque, où l'on cherchait à isoler les éléments les uns des autres. Or, selon la Gestalt, ce que l'on perçoit, sur tous les plans, s'organise non par morceaux, mais par ensembles – le tout étant plus grand que la somme de ses parties. Quand on reconnaît quelqu'un, par exemple, c'est instantanément l'ensemble de son visage qui a du sens.
L'avant et l'arrière-plan en psychologie
Tout ce que l'on voit, entend et ressent fait partie d'un « paysage » (la Gestalt) où certaines choses sont temporairement en avant-plan tandis que le reste demeure en toile de fond. Ce qui se trouve à l'avant-plan change constamment : vous marchez dans la rue et, de minute en minute, telle ou telle vitrine capte votre regard, le reste devenant "flou", ou du moins, non perçu; le jour où votre i-pod rend l'âme, vous remarquez soudain toutes les publicités de i-pod dans le journal; vous êtes inquiet au sujet d'un examen médical et le reste de votre existence vous semble superficiel...
Dans un fonctionnement harmonieux et dynamique, le « portrait » (la Gestalt) est en mouvement constant, chaque aspect de l'existence prenant l'avant-plan au moment opportun : manger, penser à sa mère, se concentrer sur un problème, etc. Par ailleurs, à tout moment l'individu doit pouvoir discerner quels éléments doivent s'imposer, chacun d'eux ne prenant toute leur signification que par rapport au fond (au contexte) : une crevaison sur l'autoroute ou devant la maison, ce n'est pas la même chose.
Il peut aussi arriver qu'une préoccupation occupe tout l'espace mental ou affectif et ne puisse plus retourner à l'arrière-plan. En psychologie, on observe que chez certaines personnes, et pour différentes raisons, le mouvement entre le fond et l’avant-plan manque de souplesse.
La Gestalt en Art
Une théorie de la perception prenant en compte la théorie de la Gestalt a été élaborée par Wertheimer en 1923. Ces lois de l'organisation perceptive consistaient en six lois:
La loi de proximité: Les éléments proches les uns des autres ont tendance à être perçus comme faisant partie d'un groupe.
La loi de similarité: Les éléments semblables ont tendance à être regroupés, même si ils ne sont pas rapprochés.
La loi de fermeture: La perception visuelle nous amène à compléter virtuellement les figures incomplètes.
La loi de continuité: Les éléments ont tendance à être perçu dans le cadre d'une séquence ordonnée.
La loi de symétrie: La symétrie inspire la cohérence.
La loi de simplicité: La simplicité est perçue comme souhaitable et cohérente.
En art, on parle de Gestalt pour décrire la sensation de perception globale d'une image, qui est essentielle au travail artistique. En effet, un artiste fait constamment des "allers-retours" entre les détails d'un dessin, par exemple, et son rendu global. Pour croquer rapidement un modèle, le dessinateur doit pouvoir aller "du général au particulier" et arriver à considérer plusieurs aspects d'un dessin d'un seul coup d'oeil. (les lignes de contour, les espaces positifs et négatifs, les relations entre les éléments, les ombres et lumières, etc.)

Le schéma ci-dessus illustre les différentes couches de perception qui composent la Gestalt. Apprendre à dessiner, c'est avant tout apprendre à regarder en gardant toujours ces éléments à l'esprit.
Sources: passeportsante.net / www.siggraph.org / www.drawright.com
Apparue en Allemagne au début du XXe siècle, la théorie de la Gestalt relève d'abord de la philosophie et de la psychologie. Elle se serait développée partiellement en réaction à la tendance dominante en psychologie à cette époque, où l'on cherchait à isoler les éléments les uns des autres. Or, selon la Gestalt, ce que l'on perçoit, sur tous les plans, s'organise non par morceaux, mais par ensembles – le tout étant plus grand que la somme de ses parties. Quand on reconnaît quelqu'un, par exemple, c'est instantanément l'ensemble de son visage qui a du sens.L'avant et l'arrière-plan en psychologie
Tout ce que l'on voit, entend et ressent fait partie d'un « paysage » (la Gestalt) où certaines choses sont temporairement en avant-plan tandis que le reste demeure en toile de fond. Ce qui se trouve à l'avant-plan change constamment : vous marchez dans la rue et, de minute en minute, telle ou telle vitrine capte votre regard, le reste devenant "flou", ou du moins, non perçu; le jour où votre i-pod rend l'âme, vous remarquez soudain toutes les publicités de i-pod dans le journal; vous êtes inquiet au sujet d'un examen médical et le reste de votre existence vous semble superficiel...
Dans un fonctionnement harmonieux et dynamique, le « portrait » (la Gestalt) est en mouvement constant, chaque aspect de l'existence prenant l'avant-plan au moment opportun : manger, penser à sa mère, se concentrer sur un problème, etc. Par ailleurs, à tout moment l'individu doit pouvoir discerner quels éléments doivent s'imposer, chacun d'eux ne prenant toute leur signification que par rapport au fond (au contexte) : une crevaison sur l'autoroute ou devant la maison, ce n'est pas la même chose.
Il peut aussi arriver qu'une préoccupation occupe tout l'espace mental ou affectif et ne puisse plus retourner à l'arrière-plan. En psychologie, on observe que chez certaines personnes, et pour différentes raisons, le mouvement entre le fond et l’avant-plan manque de souplesse.
La Gestalt en Art
Une théorie de la perception prenant en compte la théorie de la Gestalt a été élaborée par Wertheimer en 1923. Ces lois de l'organisation perceptive consistaient en six lois:
La loi de proximité: Les éléments proches les uns des autres ont tendance à être perçus comme faisant partie d'un groupe.La loi de similarité: Les éléments semblables ont tendance à être regroupés, même si ils ne sont pas rapprochés.
La loi de fermeture: La perception visuelle nous amène à compléter virtuellement les figures incomplètes.
La loi de continuité: Les éléments ont tendance à être perçu dans le cadre d'une séquence ordonnée.
La loi de symétrie: La symétrie inspire la cohérence.
La loi de simplicité: La simplicité est perçue comme souhaitable et cohérente.
En art, on parle de Gestalt pour décrire la sensation de perception globale d'une image, qui est essentielle au travail artistique. En effet, un artiste fait constamment des "allers-retours" entre les détails d'un dessin, par exemple, et son rendu global. Pour croquer rapidement un modèle, le dessinateur doit pouvoir aller "du général au particulier" et arriver à considérer plusieurs aspects d'un dessin d'un seul coup d'oeil. (les lignes de contour, les espaces positifs et négatifs, les relations entre les éléments, les ombres et lumières, etc.)

Le schéma ci-dessus illustre les différentes couches de perception qui composent la Gestalt. Apprendre à dessiner, c'est avant tout apprendre à regarder en gardant toujours ces éléments à l'esprit.
Sources: passeportsante.net / www.siggraph.org / www.drawright.com
Inscription à :
Articles (Atom)



























